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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Science


"La démarche scientifique n'utilise pas le verbe croire; la science se contente de proposer des modèles explicatifs provisoires de la réalité; et elle est prête à les modifier dès qu'une information nouvelle apporte une contradiction."
Albert Jacquard - Petite philosophie à l'usage des non-philosophes, 1997


Définition de science


Etymologie : du latin scientia, connaissance, connaissance scientifique, savoir théorique, science, lui-même dérivé de scire, savoir, connaître, avoir connaissance de, être informé de, apprendre.

La science (d'un individu) est l'ensemble des connaissances qu'il possède, acquise par l'étude, la réflexion ou l'expérience.

La science, au sens général, désigne l'ensemble des connaissances humaines "qui se rapportent à des faits obéissant à des lois objectives (ou considérés comme tels) et dont la mise au point exige systématisation et méthode" (CNRTL).

Une science particulière est l'ensemble structuré des connaissances approfondies, théoriques et pratiques sur un domaine donné, sur une catégorie de phénomènes ou d'objets. Ces connaissances sont bâties soit sur des principes démontrables, soit sur des raisonnements vérifiés par l'expérimentation. Elles sont hiérarchisées, organisées et synthétisées au moyen de principes généraux présentés sous forme de théories, de lois, etc. Il y a presque autant de sciences ou de spécialités scientifiques que de domaines étudiés, mais les méthodes générales d'acquisition de ces connaissances sont les mêmes.
Exemples : mécanique, astronomie, biologie, médecine, etc.

Une connaissance est dite scientifique s'il est possible de la contrôler par des faits, par l'expérience. Elle est vérifiable et objective.


La science s'oppose à l'opinion qui est une affirmation arbitraire et subjective par définition. L'opinion se fonde sur un sentiment vague de la réalité, sans connaissance scientifique de celle-ci.


On peut distinguer plusieurs sortes de sciences :
  • Les sciences formelles : c'est le cas des mathématiques et de la logique qui s'appuient sur des axiomes et des déductions. Il n'y a pas de vérification par l'expérience.

  • Les sciences expérimentales ou empiriques : physique, chimie, sciences de la nature, biologie, médecine. Elles cherchent à établir à l'aide des mathématiques des "lois" ou des rapports constants (les mêmes causes produisent les mêmes effets), pour décrire les relations entre différents phénomènes. Les travaux sont validés par des contrôles expérimentaux.

  • Les sciences humaines : psychologie, sociologie, histoire, linguistique, politique, etc. lorsqu'on leur applique les méthodes et le langage des sciences expérimentales. Elles deviennent alors un cas particulier des sciences naturelles. La nature même de leur objet - l'homme - et leur complexité ont conduit le positivisme, fondé par Auguste Comte (1798-1857), à les placer au sommet de la hiérarchie des sciences. Lorsque les sciences humaines sont fondées non sur l'expérimentation ou la compréhension objectives des phénomènes, mais sur l'interprétation des intentions humaines, on parle d'herméneutique (ex : symboles religieux, mythes, émotions, art...).

Remarques sur les sciences formelles

Les mathématiques et la logique ne sont pas des sciences comme les autres. Elles sont rigoureuses, précises, certaines; cependant, elles ne sont porteuses d'aucune connaissance réelle. On peut les considérer comme des outils, des instruments, pouvant être utilisés autant par les sciences expérimentales que par d'autres activités humaines. En fait, il s'agit, à proprement parlé, d'un langage, d'une construction linguistique vide de tout contenu, qui permet de manipuler des objets et de les mettre en relation les uns avec les autres.
Pour les mathématiques, la notion d'existence correspond uniquement à l'absence de contradiction engendrée par un énoncé. Ce n'est pas une existence réelle, mais purement formelle.

Remarques sur les sciences du réel

En ce qui concerne les énoncés relatifs à la réalité (par opposition aux sciences formelles), leur vérité ou fausseté ne peut être établie que si l'on a recours à l'expérience, c'est-à-dire à l'observation directe ou indirecte. Une philosophie ou une argumentation métaphysique bâtie sur une construction logique, rationnelle, rigoureuse, cohérente, n'est donc pas pour autant une connaissance scientifique. Elle n'a, en effet, pas de lien avec le réel et ne peut être soumise à l'observation.
Il est, en outre, généralement admis qu'un énoncé scientifique n'a un sens que si l'on peut préciser par quelle expérimentation on pourrait le contrôler. Il ne suffit donc pas qu'un énoncé soit cohérent, logiquement ou grammaticalement, il ne doit pas pouvoir échapper à l'alternative du vrai et du faux.



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