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Union européenne

"Chacun chez soi"
ou
un avenir commun dans une Europe forte ?



Tous les grands empires se sont bâtis avec des armes et par la force et se sont maintenus grâce à un pouvoir autoritaire ou tyrannique. Mais, dès que ces régimes s'affaiblissent ou se libéralisent, la tendance à l'éclatement reprend le dessus. Chaque sous-ensemble, chaque région, chaque territoire réclame son autonomie voire son indépendance. L'empire éclate, se morcelle et finit souvent par disparaître, laissant la place à une période de décadence ou de chaos. Les plus petits fragments du puzzle deviennent une proie pour les plus gros ou tombent dans la zone d'influence des plus puissants.

Pour la première fois dans l'histoire de l'Humanité, au moins à cette échelle, au sortir de deux guerres mondiales dévastatrices, plusieurs nations européennes ont décidé de s'unir pour sauvegarder la paix et favoriser leur développement économique. L'union a commencé par ce qui était le plus facile, l'acier et le charbon, puis l'intégration économique, avec la libre circulation des marchandises, puis la libre circulation des personnes et enfin une monnaie unique.

Cette intégration économique est souvent critiquée, à juste raison, comme étant allée trop vite pour des pays ayant récemment adhéré à l'Union européenne, notamment les anciens pays du "bloc de l'Est". Les différences de niveaux de vie et de rémunération du travail ont créé un déséquilibre et une concurrence déloyale, plus particulièrement en ce qui concerne la main d'oeuvre.

Une autre critique fréquemment entendue serait le manque de démocratie et l'opacité dans le fonctionnement de l'Union européenne. Pourtant, l'Union européenne repose sur deux pouvoirs,
  • le pouvoir des Etats membres, pouvoir prépondérant dans l'organisation actuelle, dont les représentants ont été élus démocratiquement, jusqu'à preuve du contraire.
  • le pouvoir du Parlement européen, élu démocratiquement à la proportionnelle.

Les citoyens européens sont donc doublement représentés dans l'Union européenne :
  • indirectement par leurs Etats et par le Conseil européen qui en est l'émanation,
  • directement par le Parlement européen.

On peut toujours critiquer le poids politique respectif des Etats membres et du Parlement dans l'Union européenne, mais nous sommes bien dans une structure démocratique, que la politique qui y est conduite nous plaise ou non. Ce n'est pas parce que la majorité des citoyens ne partagent pas notre vision de la politique que le système doit être dénoncé comme étant anti-démocratie. Accuser la Commissions européenne dont les membres sont nommés, de ne pas avoir de légitimité démocratique reviendrait à dire que le gouvernement de la France n'en a pas non plus. Or, la désignation des membres de ces deux organes exécutifs est bien la conséquence d'un processus démocratique.

L'intégration politique de l'Union européenne est pour le moment bloquée. Mieux, le Royaume-Uni a décidé de sortir de l'Union. En France, les questions de sécurité, d'immigration, de chômage, etc. prennent le pas sur celles de l'avenir de l'Union européenne, laissant le champ libre aux chantres du repli sur soi, du "chacun chez soi", et à ceux qui pensent que, moins ils sont nombreux, plus leurs idées ont des chances de devenir majoritaires. "On est tellement mieux entre gens qui se ressemblent !!!" Dangereuse illusion ! Etre dans une entité plus petite ne garantit en rien l'homogénéité de la pensée. Les divergences existent à tous les niveaux, pays, région, commune, quartier, famille.

Continuer à faire de l'Europe un bouc émissaire de tous les problèmes, c'est compromettre notre avenir et celui de nos enfants. Une Europe faible face aux autres puissances mondiales, c'est la marginaliser au niveau de la planète. Il est urgent que la voix de ceux qui défendent une Europe forte, plus intégrée, voire fédérale, se fasse à nouveau entendre.


Pierre Tourev, 21/11/2016



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