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Flexisécurité ou flexicurité



Définition de flexisécurité ou flexicurité


Etymologie : néologisme dérivé de l'anglais flexicurity. Il est composé des mots flexibilité et sécurité.

Le terme flexisécurité (flexicurité, flexécurité ou flex-sécurité) désigne un système d'organisation du marché du travail qui cherche à concilier une plus grande flexibilité au niveau de la main-d'oeuvre pour les entreprises et, en contrepartie, une plus grande sécurité ou protection de l'emploi pour les salariés.
"Ce vocable aux sens multiples vise de façon générale à désigner la conciliation d'objectifs de flexibilité, recherchés plutôt par les employeurs, et d'objectifs de sécurité, attendus plutôt par les salariés : c'est devenu le levier majeur de la stratégie affichée par les pays de l'Union européenne lors du sommet de Lisbonne en 2000, puis révisée en 2005." (INSEE)
Il trouve son origine dans l'expérience, souvent citée en exemple, de flexicurité mise en place au Danemark à la fin des années 1990 et qui a permis de diviser par deux le taux de chômage (12,5% en 1993 à 5 ou 6% de nos jours).

Le fondement économique de la flexisécurité est étayé par le constat d'un niveau annuel élevé de destruction / création d'emplois. Ainsi, dans ces conditions et dans un contexte de concurrence internationale, les partisans de la flexicurité considère qu'il est préférable de faciliter la création des nouveaux emplois et de sécuriser et accompagner les salariés amenés à changer de métier (stratégie du "donnant / donnant"), plutôt que de s'obstiner à défendre des emplois que le progrès fera inévitablement disparaître.

Le volet flexibilité peut, selon les pays, se traduire par :
  • un système d'embauche qui rend plus faciles les licenciements pour l'entreprise. Il part du principe que des procédures facilitées de licenciement, en cas de difficultés économiques (baisse des commandes), favoriseraient l'embauche dans les périodes de redémarrage de l'activité,
  • l'aménagement du temps de travail en fonction de l'activité économique,
  • une plus grande facilité d'accès aux contrats de travail temporaire.
  • un allègement du Code du travail,
  • etc.
Le volet sécurité peut correspondre à :
  • un allongement et/ou une augmentation des indemnités pour les salariés licenciés,
  • au maintien des droits du salarié notamment s'il change d'employeurs ou s'il reste sans emploi,
  • des droits identiques en matière de Sécurité Sociale, quel que soit le type de contrat,
  • des règles plus strictes pour les agences de travail temporaire,
  • des dispositifs de formations professionnelles et d'apprentissage tout au long de la vie,
  • des dispositifs actifs et efficaces d'aide à la recherche d'emploi pour réduire le chômage de longue durée, avec un contrôle plus strict de la disponibilité et de la motivation des chômeurs,
  • etc.

Pour la Direction générale de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion de la Commission européenne, "la flexicurité est un élément fondamental des lignes directrices et de la stratégie européenne pour l'emploi. La mise en oeuvre de politiques intégrées en matière de flexicurité joue un rôle essentiel dans la modernisation des marchés du travail et la réalisation de l'objectif fixé par la stratégie Europe 2020 d'un taux d'emploi de 75 %."

En France, l'accord du 11 janvier 2008 entre partenaires sociaux sur la modernisation du marché du travail peut être considéré comme l'amorce d'une politique de flexicurité (rupture conventionnelle, contrat de mission pour les ingénieurs et cadres, portabilité des droits, etc.). Il a été complété par l'accord du 11 janvier 2013 sur la sécurisation de l'emploi (droits "rechargeables" à l'assurance chômage, compte de formation transférable, généralisation des complémentaires santé, meilleur encadrement du travail à temps partiel, accords de maintien dans l'emploi, mobilité interne au sein des entreprises, sécurisation des procédures de licenciement économique, etc.).

Une des critiques formulées à l'encontre de la flexicurité en Europe et en France est que la flexibilisation toujours plus grande du marché du travail est dépourvue de réelles contreparties relatives à la sécurité de l'emploi pour les salariés.



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