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Le boycott comme arme politique



Même s'il s'agit d'une pratique peu utilisée en France, contrairement aux pays anglo-saxons, le boycott est plus que jamais un véritable moyen de pression dont disposent les consommateurs "citoyens" qui se sentent responsables et conscients de leurs achats.

Devenir acteur de la consommation (consomm'acteur) conduit à se poser la question de savoir ce que l'on cautionne à travers son acte d'achat. Le boycott en est l'une des conséquences.

La décision de consommer est un choix individuel. Chacun a la possibilité, la liberté, le droit (et je rajouterais, le devoir) de choisir à qui il va donner son argent. Bien qu'il soit insignifiant à l'échelle individuelle, le pouvoir d'acheter ou non tel ou tel produit est considérable lorsqu'il est démultiplié par des milliers ou des dizaines de milliers de consommateurs déterminés.

Les motivations du boycott peuvent être multiples :
  • écologique (contre un produit, une entreprise polluante),
  • éthique (contre une entreprise qui réalise sa production dans des pays où l'on fait travailler des enfants, où l'on exploite les ouvriers),
  • morale (contre un pays qui déclenche une guerre)...

Cependant le boycott est une arme difficile à manier. Le choix de la cible est déterminant. En outre, l'action de boycott ne doit gêner que la cible et nuire le moins possible aux autres acteurs de l'économie.


Et si l'on faisait du boycott une arme politique ?

Le boycott est une arme efficace et qui a fait ses preuves dans les domaines évoqués plus haut. Pourquoi ne pas en faire aussi un moyen de lutte politique ?

Une minorité active, surtout quand elle ne dispose pas d'accès aux grands médias, doit pouvoir se faire entendre et même convaincre une partie de la majorité passive de la justesse de la cause qu'elle défend. Si elle y parvient, elle peut être en mesure de faire pression sur un gouvernement pour qu'il infléchisse sa politique.

Les équilibres budgétaires et économiques sont sensibles. Il n'est qu'à voir les débats qui mobilisent les experts lorsque les prévisions de croissance sont revues à la baisse, ne serait-ce que de 0,5%.

Si 10% de la population gelaient 20% de son "pouvoir d'achat", l'impact serait de 2%. Les boycotteurs auraient ainsi entre les mains un moyen de pression énorme sur le pouvoir en place, à un niveau beaucoup plus important que les leviers politiques et économiques dont il dispose habituellement.

Un exemple d'action de boycott politique pouvant être entreprise contre un gouvernement : Le boycott de la TVA :
La TVA est le seul impôt que l'on peut légalement ne pas payer sans risquer de redressement fiscal. Il suffit pour cela de réduire au strict minimum sa consommation de produits soumis à la TVA, pendant une durée déterminée, ou jusqu'à ce que le gouvernement cède. Pour une plus grande efficacité, on peut associer à cette action (de non consommation) un boycott de la "grande distribution" (grandes et moyennes surfaces) en reportant les achats résiduels (il faut bien manger) sur le commerce de proximité, sur les marchés locaux, sur la vente directe des producteurs, sur les coopératives agricoles ou ouvrières...
L'Etat qui verrait rapidement diminuer ses ressources serait obligé de réagir. En outre, il subirait la pression des distributeurs et des industriels qui verraient leur chiffre d'affaires diminuer. Ils deviendraient ainsi des alliés "de circonstance" des citoyens consommateurs en lutte.


Pierre Tourev, 20/09/2007


>>> Voir la définition du boycott

>>> Grève générale de la consommation. Une nouvelle forme de lutte ?

>>> Grève générale de la consommation. Les modalités de l'action.




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