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Crise sanitaire du Covid-19

Le grain de sable qui pourrait terrasser
l'ultralibéralisme et la "mondialisation heureuse"



Souvenez-vous, il y a quelques mois le Gouvernement lâchait péniblement 17 milliards d'euros en faveur des français les plus modestes après des mois d'un mouvement social inédit, celui des "Gilets jaunes". Peu après, les manifestations des personnels soignants pour la défense de l'hôpital public ont conduit le gouvernement à faire un geste de 1,5 milliard sur trois ans et à annoncer la reprise de 10 milliards d'euros de dette hospitalière.

Il y a quelques semaines encore le monde continuait sur sa lancée, vers toujours plus de croissance, avec une recherche de toujours plus de profit pour une infime minorité et toujours plus d'inégalités. Au-dessus de nos têtes, comme un couvercle sur la planète, il y avait (et il y a toujours) le réchauffement climatique dont les dirigeants n'avaient pas (en n'ont toujours pas) pris toute la mesure.

Puis patatrac ! Un virus particulièrement contagieux et plus dangereux pour l'homme qu'une grosse grippe vient casser cette mécanique bien rodée. Face à une menace inédite et mal connue, les Etats, autrefois si décriés par l'ultralibéralisme qui les veut toujours plus réduits, ont repris les rênes et imposent, parfois brutalement, leurs stratégies dans ce qui est présenté comme une "guerre".

Symbole de la mondialisation, l'aviation clouée au sol

Les écologistes le plus radicaux et les militants les plus ardents contre le réchauffement climatique n'auraient jamais imaginé que cela puisse arriver aussi rapidement. Ils n'en demandaient même pas autant. Tous les avions, ou presque, de la planète ont été cloués au sol à cause d'un virus, un petit agrégat de molécules de moins de 200 nanomètres. Il ne fait guère de doute que le redémarrage de cette activité sera très long.
Malheureusement, au niveau écologique, l'un des inconvénients majeurs du Covid-19 est d'inciter au transport automobile individuel au détriment des transports en commun ou partagés.

Thérapocratie

Quand tout va bien, on ne se prépare pas au pire, trop vague, trop hypothétique, trop lointain, trop couteux. Une pandémie de cette ampleur, personne n'y était préparé.
Le gouvernement s'en remet donc à ceux qui savent, aux virologues, aux épidémiologistes, aux infectiologues, aux experts du monde médical, réunis dans un Comité ou Conseil scientifique sur le Covid-19. Mais, on se trouve face à un virus que l'on connait mal. On improvise, on cherche des masques, des respirateurs, on confine. L'économie n'étant pas prête à supporter une mise en quatorzaine, en quarantaine et finalement en soixantaine, l'Etat doit sortir le chéquier, pour éviter l'effondrement de tout le système. Les vannes budgétaires sont ouvertes en grand.

Pour faire face à l'urgence sanitaire, le gouvernement légifère par ordonnance. La démocratie est mise en veilleuse. Le gouvernement s'en remet aux experts. Comme beaucoup d'autres pays, la France est gouvernée par le monde médical, dans une sorte de thérapocratie. Quel retournement de situation par rapport à 2019 où les personnels soignants peinaient à se faire entendre en descendant dans la rue.


Pierre Tourev, 14/04/2020



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