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"Tourpilles", le recueil de citations


Médias et mobilisations sociales

Henri Maler et Mathias Reymond

Syllepse, Paris - 2007



"Ainsi, descendant de l'Olympe où siègent et pérorent les présentateurs-chroniqueurs-éditorialistes, flanqués d'une cohorte d'experts attitrés, une même rhétorique soutient les discours politiques dominants et enserre la mise en mots et en images des mobilisations sociales qui affrontent les remises en cause de l'Etat social et du code du travail : l'invocation de l'"urgence" des "réformes" et de la "nécessité" du "dialogue"."
Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 14 - 2007

"Au terme de "réforme", ce n'est plus l'idée d'amélioration qui est associée, mais n'importe quelle transformation, pour peu qu'elle épouse les contours de la "modernisation" capitaliste."
Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 15 - 2007

"Par temps calme, quand le journalisme reste silencieux ou se borne à recycler les chiffres du chômage fournis par le gouvernement, la condition de chômeurs n'existe pas, pas plus que celle des salariés précaires."
Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 77 - 2007

"Longtemps présentée comme un modèle de débats de société, l'émission de télévision "La Marche du siècle", animée par Jean-Marie Cavada (France 3, 1987-1999 illustrait de la puissance de cette censure [sur les plateaux TV]. Sur un échantillon de 477 invités, Sébastien Rouquette [auteur de "Vie et mort des débats télévisés. 1958-2000"] a dénombré 0,2 % de représentants syndicaux. Parmi les invités en qualité de "professionnels" (conviés à parler de leur métier, Cavada ne s'est pas encombré des catégories populaires. Proportion d'ouvriers : 0,7%; proportion d'employés : 0,7%. En revanche, les cadres et professions intellectuelles supérieures comptent pour 74,6% des invités !"
Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 79 - 2007

"Préférant l'opinion sondée à l'opinion mobilisée, les sondages de popularité à l'exposition des arguments, en quête de "bons clients", à l'affût des "personnages", et encourageant les individus face aux collectifs, les médias attendent de l'opinion sondée (simple agrégat de réponses qui n'ont qu'une valeur d'indices qu'elle leur dise ce qu'elle pense de l'opinion mobilisée dont ils écoutent à peine les arguments. De là, une profusion de sondages sur la popularité des mobilisations sociales et, en guise de "cahiers de doléances", quelques sondages sur le contenu des réformes proposées. A défaut de pouvoir faire dire aux sondages à peu près n'importe quoi, tout est permis quand il s'agit de choisir les questions et de ficeler les commentaires : questions biaisées, absurdité, incohérence, partialité."
Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 101 - 2007

"Chaque grève et chaque manifestation est un enjeu de lutte entre les acteurs mobilisés et les médias... qui le sont aussi. Car mobilisés, ils le sont effectivement - non simplement pour couvrir l'action, mais pour la soumettre à leurs verdicts : indirectement, par sa mise en mots et en image, et directement, par la mise en scène construite par les journaux télévisés et la mise en perspective offerte par les commentateurs de presse écrite."
Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 140 - 2007

"En tout cas, pour être soutenus par les médias, mieux vaut être cadres moyens du secteur privé que fonctionnaire de la fonction publique, et chercheurs qu'éboueurs. Chercheurs, les motifs de leur légitime révolte méritent des explications ; et comme leur parole est gagée sur leur compétence, elle sera audible. Eboueurs, leurs revendications et leurs visages seront enfouis sous les immondices que leurs grèves laissent traîner dans les rues."
Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 152 - 2007

"Le droit à l'information repose sur un seul fondement : l'information est un bien public qui doit être accessible à tous et n'excepter aucun domaine de la vie économique, sociale et politique. L'exercice de ce droit ne consiste pas seulement dans le droit d'être informé, mais aussi dans le droit d'informer que revendiquent les journalistes."
Henri Maler et Mathias Reymond - Médias et mobilisations sociales - page 160 - 2007



>>> Présentation du livre Médias et mobilisations sociales



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