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Emmanuel Kant


Philosophe allemand,
fondateur de la philosophie critique

1724 - 1804




Biographie d'Emmanuel Kant


Emmanuel Kant est issu d'une famille modeste de Königsberg, où il demeurera toute sa vie. Sa mère piétiste et dévote protestante influence profondément son esprit. Grâce à un oncle cordonnier aisé, il peut suivre des études complètes de théologie, de philosophie et de sciences (mathématiques). A la sortie de l'université, il passe quelques années hors de sa ville natale comme précepteur.

A partir de 1755, Kant enseigne la logique, la métaphysique et les sciences à l'université de Königsberg où il s'installe définitivement. Après 1794, il se consacre entièrement à ses recherches philosophiques. Toute sa vie, empreinte d'austérité et d'une extrême régularité, est tournée vers la méditation, l'étude et l'enseignement. Kant est un admirateur enthousiaste de la Révolution Française et heureux de voir les idées de Jean-Jacques Rousseau se concrétiser.

On distingue généralement deux périodes dans la philosophie de Kant. Dans la première, dite pré-critique, il expose une métaphysique proche de celles de Leibnitz et de Wolf pour tenter de répondre à la question de l'origine du monde. Mais à partir de 1770, sa pensée vit un tournant décisif, début de la période dite "critique" (examen des pouvoirs de la raison), où il va construire la philosophie qui lui est propre. Kant y aborde notamment la question de l'origine et des limites de la connaissance (raison théorique) et les possibilités de l'action (raison pratique).

Dans son ouvrage le plus célèbre, "Critique de la raison pure" (1781), Kant réalise ce qu'il dénomme "une révolution copernicienne" (la Terre tourne sur elle-même et non le ciel autour de la Terre), considérant dans une vision idéaliste que c'est le sujet qui construit l'objet de sa connaissance et non les objets qui définissent la connaissance. Il définit la "raison pure" comme la faculté de connaître a priori (sans recours à l'expérience) la nature des objets, par la sensibilité et l'entendement. Kant démontre en particulier l'impossibilité pour la métaphysique d'être une science en raison de l'absence d'objet réel pouvant lui apporter du contenu. Pour lui, l'homme ne connaît pas les choses "en soi", mais "telles qu'elles lui apparaissent d'après les principes de son organisation comme être sentant et pensant". Dit autrement, les connaissances de l'homme sont celles des phénomènes et il ne lui est donc pas possible, à partir de la "raison pure" de connaître Dieu, l'immortalité de l'âme, le monde, la liberté, le moi... qui ne sont que des concepts et n'appartiennent pas au domaine sensible. La métaphysique, qui en fait des objets, est donc une illusion.

Quelques années plus tard, Kant publie "Critique de la raison pratique" (1788), où il soutient qu'une action est moralement bonne si elle s'accomplit par pur respect du devoir sans considération pour un intérêt ou une satisfaction espérée. La moralité se mesure donc dans l'intention qui conduit à l'action et non sur son aspect extérieur. La loi morale s'exprime sous forme d'un devoir impératif ("tu dois") tel qu'il puisse être érigé en règle universelle. Sa morale, cependant, ne se fonde pas sur la religion mais sur l'autonomie de la volonté..

Son influence sur la philosophie, qu'il exerce tant par son enseignement que par ses écrits, est immense en Europe en particulier sur l'idéalisme allemand (Johann Gottlieb Fichte, Friedrich Schelling, Friedrich Hegel) dont il peut être considéré comme le fondateur.


Quelques oeuvres :
    - Histoire universelle de la nature et théorie du ciel (1755),
    - De la forme et des principes du monde sensible et intelligible (1770),
    - Critique de la raison pure (1781),
    - Prolégomènes à toute métaphysique future (1783),
    - Réponse à la question "Qu'est-ce que les Lumières ?" (1784),
    - Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolite (1784),
    - Fondements de la métaphysique des moeurs (1785),
    - Critique de la raison pratique (1788),
    - De l'usage des principes téléologiques en philosophie (1788)
    - Critique de la faculté de juger (1790),
    - Métaphysique des moeurs (1797),
    - Logique (1800).



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