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La pauvreté des enfants au quotidien

Il y a urgence



En France, plus de 5 millions de personnes1 (dont 1,2 millions d'enfants2) vivent sous le seuil de pauvreté. Pour deux tiers d'entre elles, il s'agit de ménages avec enfants3 et près de 70% ne travaillent pas (chômeurs ou inactifs hors retraités)4. C'est le cas des Vermeersch que nous présenterons ici. Les enfants de ces parents éloignés d'un possible et rapide retour à la "vie active" subissent leur pauvreté tous les jours. Si une approche statistique de la pauvreté permet de mesurer et évaluer le phénomène, l'angle ethnographique amène une compréhension plus fine du vécu de ces personnes. A partir du récit d'une famille rencontrée dans le cadre d'une recherche ethnographique menée dans le Département du Nord sur les familles vivant dans une situation de pauvreté5, nous allons décrire la pauvreté vécue par les enfants et les effets dans la construction de leur avenir.

Les enfants Vermeersch

Ils sont cinq enfants, Michael, Dimitri, Dylan, Mégane et Jessica. Ils vivent avec leurs parents dans une maison semi-mitoyenne en brique, au coeur d'une cité pavillonnaire d'une petite ville du Nord de la France. Ils n'aiment pas la maison ni la cité comme l'explique la benjamine de la famille, Jessica : "La maison est trop petite et dans la cité il y a trop de voyous". Laisser la maison seule, c'est risquer de trouver les carreaux cassées et la maison cambriolée. Avec deux chambres pour les sept habitants, et parfois même huit lorsque l'oncle sans-domicile y séjourne quelques jours, ils ont dû trouver une organisation qui ne convient pas à tous, surtout à Johnny, le papa6 : "Quand on est passé chez le juge, je lui ai dit que ça faisait des années que je dors dans le fauteuil, je dors même pas avec ma femme". A l'étage, dans une des chambres, deux lits simples superposés : Jessica, Cathy (la maman) et le chien dorment en bas, Mégane en haut. Jessica et Cathy ont l'habitude de dormir à deux, "Jessica s'endort en caressant mes oreilles", plaisante la mère. Cathy s'amuse aussi à dire que le chien la protège de son mari qui parfois essaie de s'approcher de son lit. Dans l'autre chambre, les trois garçons dorment chacun dans un lit. Au salon, Johnny, et parfois son beau-frère, occupent les canapés. La maison, de taille réduite, est de surcroît dans un état de grande vétusté : les murs des chambres n'ont pas de finition, les toilettes fonctionnent mal et une partie de la cuisine est condamnée. (...)

Télécharger le texte dans son intégralité : La pauvreté des enfants au quotidien (Format PDF, 5 pages, 190 ko)


Vanessa Stettinger, sociologue, Université de Lille/CeRIES, 01/12/2018



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