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Gauche ou droite ?


Horizontal ou vertical ?




Dans son discours, le Front national met la droite et la gauche dans un même panier appelé UMPS, en cherchant à séduire un électorat des plus diversifiés qui va de l'ouvrier aux professions libérales, en passant par les retraités pauvres ou riches, etc., en jouant sur le rejet de l'euro et de la classe politique qui a favorisé et accompagné le libéralisme dans tous ses excès. Le modem, avec François Bayrou, essaie quant à lui de se faire une place dans cette zone grise située entre la poire et le fromage, où l'on n'est déjà plus à droite, mais pas encore à gauche.

Si l'on rajoute à cela les conséquences de la mondialisation, de la libéralisation des échanges économiques, les problèmes d'immigration, de chômage, de sécurité, il peut être tentant de remettre en question le clivage politique gauche / droite pour lui substituer de nouvelles segmentations, liées à ces problèmes de société (mondialisme ou nationalisme, prévention ou répression en matière de sécurité, Europe fédérale ou Etat-nation, protectionnisme ou libéralisme, libéralisme ou dirigisme économique, euro ou franc, etc.).

En effet, les questions qui divisent la gauche et la droite évoluent en permanence au fil des décennies, de l'évolution de la société, des crises économiques, politiques, écologiques. Il n'est pas toujours simple de s'y retrouver, surtout lorsque certains sujets, comme le "produisons français" ou "l'union nationale face à la crise", créent des passerelles entre les deux bords.

Avant de suggérer une représentation relativement simple de ce qui caractérise la gauche et la droite, voici quelques notions que l'on attribue habituellement à l'une ou à l'autre :

Gauche Droite
- progrès,
- régulation du capitalisme,
- planification économique,
- protectionnisme, nationalisation,
- décolonisation,
- paix, internationalisme,
- protection sociale,
- justice sociale,
- éducation publique et gratuite,
- mouvement ouvrier, syndicalisme,
- égalité,
- solidarité,
- laïcité,
- humanisme,
- priorité à la collectivité,
- pas de devoirs sans droits.
- conservatisme sur les questions d'éthique ou de société,
- morale traditionnelle,
- libre entreprise, libéralisme,
- incitations, mérite, travail,
- orthodoxie économique et efficacité,
- défense du mode national de vie,
- attachement à l'ordre, ordre social,
- liberté de l'enseignement
- sécurité,
- respect de la hiérarchie,
- autorité du gouvernement,
- défense de l'armée,
- racines chrétiennes,
- identité nationale,
- liberté et responsabilité individuelles
- pas de droits sans devoirs.

Sans aucune prétention de ma part, je tenterais volontiers de définir la gauche comme une vision horizontale de la société et la droite comme une vision verticale.


Gauche

Par vision horizontale, j'entends une conception qui prend en compte la notion de classe sociale, qui nécessite une prise de conscience de l'appartenance à telle ou telle classe et une perception des contradictions et des conflits entre les classes sociales, sans nécessairement aller jusqu'à la notion de lutte des classes. Le fait d'appartenir à une même classe sociale devient plus important que le fait d'être français "de souche" ou issu de l'immigration, catholique ou musulman, salarié du privé ou fonctionnaire, jeune ou vieux, etc.

Donner un rôle prépondérant à l'appartenance à une classe sociale conduit naturellement aux questions de la juste répartition des richesses produites, de la justice sociale, la mixité sociale, de la mobilité sociale, etc. Elle appelle surtout à la solidarité entre les classes sociales, notamment au moyen d'une fiscalité redistributive, mais aussi au sein d'une même classe sociale (mutualisme, coopération, solidarité active, etc.).

Droite

Dans la vision verticale, ce qui est important, c'est le fait d'être membre d'une catégorie de la population, d'une communauté, indépendamment de son niveau social. Dans ses discours, la droite, ou l'approche verticale, met en exergue différentes segmentations de la population. Plus on se rapproche de l'extrême droite, plus ces catégories ou communautés sont opposées entre elles, parfois jusqu'à la haine : français d'origine, immigrés, chômeurs, assistés, fonctionnaires, "ceux qui travaillent et se lèvent tôt", catholiques, musulmans, juifs, mécréants.

L'attention populaire est focalisée sur des catégories ou communautés qui sont jalousées ou critiquées pour leurs comportements, les désagréments ou les conséquences néfastes qu'elles ont sur la catégorie à laquelle on appartient. Ainsi les nantis, ceux qui se sont enrichis plus que de raison en profitant du travail des plus modestes, les exploiteurs, restent bien cachés et silencieux au sein de leur catégorie et ne voient personne venir leur demander un effort de solidarité ou contester leurs privilèges. C'est ce que je soulignais déjà dans l'article en qualifiant l'UMP de "Usage Machiavélique du Populisme" dans l'article "De quoi l'UMP est-il le nom ?" Cela vaut aussi, bien évidemment, pour le Front National qui va encore plus loin dans la "verticalisation de la société".

La droite, ou verticalisation de la société, apparaît comme une vaste entreprise d'enfumage et de diversion pour détourner l'attention du peuple des véritables enjeux de la société. Avec la droite, une moitié du peuple protège, à son insu, au sein de la catégorie où on l'on tente de l'assigner, ceux qui l'exploitent, le méprisent et le dominent.


Pierre Tourev, 05/02/2012


    Commentaire d'un internaute : 03/12/21 - 17:15
    "J'ai lu votre article sur le clivage gauche /droite et aujourd'hui, c'est surtout sur la valeur travail que le clivage se fait avec des discours très durs tels que seuls ce qui travaillent ont une valeur ajoutée en France, les exclus : (les handicapés, les chômeurs, les enfants scolarisés, les retraités, les immigrés) sont stigmatisés parce qu'ils ne participent pas au processus économique et pèsent lourd sur les budgets sociaux (aujourd'hui on se partage des budgets entre pauvres, ("carte solidaire" en région). Il n'y a pas de compassion et chacun se retranche vers son individualisme. Mais aujourd'hui certains politiciens ont franchi le pas et pratiquent cette ségrégation ouvertement."


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