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Alias "Oncle Bernard". Mort assassiné le 7 janvier 2015 à Paris dans les locaux du journal Charlie Hebdo. "Le marché étant un totalitarisme omnivore, il avale goulûment chaque chose, la mastique et la recrache sous forme de produit et de profit. Bientôt plus présents dans l'imaginaire de nos enfants que les histoires de leurs grands-parents, Disney s'occupe même de commercialiser dans ses enclos hideux nos rapports les plus intimes. "Pour que le malheur se vende, il ne reste plus qu'à en trouver la formule" chantait Léo Ferré... son nom : mondialisation c'est-à-dire guerre universelle civile et permanente..." Philippe Labarde et Bernard Maris - Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie !, 1998 "Les libéraux sont des adeptes du darwinisme social, de l'élimination des faibles par la bienveillante sélection naturelle." Bernard Maris - 1946-2015 - Antimanuel d'économie, 2003-2006 "Pour comprendre la vie, les économistes ne cessent d'en chasser le sel, l'amour, le désir, la violence, la peur, l'effroi, au nom de la rationalité des comportements. Ils traquent pour la détruire cette émotion qui abolit la chaîne causale." Bernard Maris - 1946-2015 - Houellebecq économiste, 2014 "Car la pub est violente. Les publicités des marques sont les acouphènes d'un monde violent qui n'est jamais muet. La pub vise à susciter, à provoquer, à être le désir. Elle met en place un surmoi terrifiant et dur, beaucoup plus impitoyable qu'aucune loi ou coutume ayant jamais existé, qui colle à la peau et répète sans cesse : Tu dois désirer. Tu dois être désirable. Tu dois participer à la lutte, à la compétition, à la vie du monde. Si tu t'arrêtes, tu n'existes plus. La pub est l'aiguillon qui pousse les boufs ou les moutons, les oblige à bouger. Elle clignote et change sans cesse. Elle est la perpétuité du provisoire, la négation de toute éternité, la destruction créatrice permanente, le renouvellement impitoyable et saccadé. D'une cruauté inimaginable, elle transforme l'être en fantôme obéissant, sans lieu, sans lien, dans la vanité et la superficialité absolues." Bernard Maris - 1946-2015 - Houellebecq économiste, 2014 "Je contacte Bernard Maris, professeur d'économie, et aussi rédacteur en chef de Charlie Hebdo, journal de gauche qui vit sans publicité. Avec pédagogie, il tente d'expliquer les enjeux du marché à ceux qui n'y connaissent rien. Et il confirme : "Bien sûr, les financiers sont aux aguets pour les chiffres du chômage. Le chômage est un moyen commode pour faire du profit." Et il me le prouve. "Si l'on suit la courbe du chômage de masse et l'effondrement de la part du salaire dans le PIB, ont voit qu'elles sont parallèles, argumente-t-il. Entre 1980 et 2003, pendant que le chômage de masse s'installait, la part du salaire dans la richesse nationale est passée de 77 à 68%." Il calcule : "çà nous fait une chute de 8%. Sur un PIB de 1 500 milliards d'euros, c'est 120 milliards de moins. Soit deux fois le déficit de l'Education nationale." Mais cet argent n'est pas perdu pour tout le monde. "Il se retrouve dans la poche du rentier et dans l'investissement mécanisé. Le chômage fait pression sur les salaires. L'argent économisé sur les salaires permet des gains de productivité. Il part dans les bulles immobilières aujourd'hui, boursières hier."" Patricia Sudolski - Vous croyez que ça m'arrange d'être chômeuse ?, 2005 |