Présentation de l'éditeur :
Pourquoi aimons-nous tant croire aux complots ? À l'âge proclamé de l'hyper-information, d'internet et de la surexposition, de la transparence et de l'urgence médiatique, on aurait pu penser que la théorie du complot, qui n'aime par essence que l'obscurité, le temps et le secret, était vouée à s'exténuer et disparaître. Or c'est l'exact contraire : plus on proclame la transparence, plus le soupçon se diffuse : on nous cacherait quelque chose !
Plus on a d'informations, plus le sentiment se développe que tout est planifié dans l'ombre par des puissances occultes. Tout concourt à cette idée que nous serions manipulés, que derrière l'apparence d'une société de l'information ouverte et moderne, des desseins cachés sont à l'oeuvre : 11 septembre, affaire DSK, Ovni, révolutions arabes - la vérité serait ailleurs. Forcément ailleurs. Jusqu'où ira notre parano ? Y aurait-il donc un ressort plus profond à cette tendance bien ancrée dans les sociétés contemporaines ?
Et si notre parano moderne était l'expression paradoxale d'une quête de sens que la surenchère médiatique ne parvenait pas à satisfaire ?
Une philosophie volontariste de l'histoire
Derrière la théorie du complot, il y a d'abord ce que l'on pourrait appeler une philosophie de l'histoire. De quoi s'agit-il ? C'est une entreprise intellectuelle qui vise à réduire l'interprétation de l'ensemble du cours de l'histoire à une seule clé : le progrès de la raison ou de la liberté, la lutte des classes, l'antagonisme biologique des civilisations, etc. Dans chacun de ces cas, la multiplicité et la diversité des faits historiques se ramène à un unique fil conducteur. Sur le marché des idées, il existe, grosso modo, deux grandes philosophies de l'histoire. La première {déterministe) réduit l'histoire à un mécanisme aveugle (la lutte des classes, la technique, la bureaucratie, la consommation...) échappant à la volonté des hommes qui en sont les instruments. La seconde {volontariste) repose sur l'idée que l'histoire dans son ensemble dépend de volontés particulières, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. D'un côté, on pose que, selon la formule prêtée à Marx, "les hommes qui font l'histoire ne savent pas l'histoire qu'ils font" ; de l'autre, on postule qu'il y a des volontés supérieures qui font l'histoire en sachant l'histoire qu'elles font.
Définition de théorie du complot
Définition de conspirationnisme
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