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 Parole
de Toupinaute


Hélas, nous n'avons pas de projet de société.

Le nihilisme à son stade ultime


(Ce texte est extrait du forum des Toupinautes, fermé depuis le 18/02/2021)


De mon côté, il me semble qu'après la Seconde guerre mondiale, reconstruire l'Europe en ruine était évidemment une priorité, une nécessité, mais il y avait bien un projet de société. Peut-être le dernier en ce qui nous concerne, nous les habitants des pays dits riches qui avions la chance de vivre dans des démocraties.

Ce projet c'était déjà la construction de cette Europe des nations devant nous permettre non seulement de ne pas nous refaire la guerre entre voisins, mais d'être plus forts économiquement et militairement.
Mais ce projet c'était surtout une foi quasiment aveugle dans les progrès scientifiques et techniques. C'est à ce moment-là que s'est cristallisée cette idéologie du Progrès, qu'on ne peut pas arrêter ! (Amen)
Il suffit de se souvenir de la vision qu'on se faisait dans les années 50-60 de l'an 2000. En l'an 2000 le Progrès aurait mis fin à toutes les guerres, éradiqué la faim et la misère dans le monde, tout le monde aurait son avion, les plus optimistes imaginaient qu'on irait passer ses vacances sur Mars.
Les années 45-75 ont donc été appelées les Trente Glorieuses. Personnellement je pense plutôt que ce furent celles-là, les Trente Piteuses.

La réflexion pourtant fondamentale sur les limites de nos ressources, métaux, pétrole... du nombre de terriens, sur la croissance infinie dans un monde fini... n'a vraiment été abordée qu'à partir des années 70, et aussitôt mise à la poubelle. Nous mesurons aujourd'hui, 45 ans plus tard, non seulement le retard qui a été pris, mais les dégâts sur notre environnement. Quant aux promesses de ce sacro-saint Progrès, que ce soit sur le plan technique ou sur le plan social, là-aussi nous pourrions dresser le bilan. Mais évidemment, selon l'angle de vue, on pourra toujours prétendre qu'il est globalement positif...

Alors aujourd'hui on nous parle de la transition écologique et de la transition énergétique, et on voudrait nous faire croire qu'il s'agit là d'un véritable projet de société.

Plus ou moins conscients des dommages que nous avons infligés à notre environnement, conscients de la fin prochaine de l'énergie abondante et bon marché (pétrole)... mais ne pouvant pas imaginer un "retour en arrière", ne pouvant pas imaginer qu'on puisse travailler moins pour vivre mieux, être heureux dans la simplicité, avec moins de biens et plus de liens... on en est réduit à croire, comme on croit en Dieu, que le Progrès (Développement, Croissance, innovations, etc.) nous tirera d'affaire et nous assurera des lendemains qui chantent. Et qui chantent toujours plus !
Je vois là le nihilisme à son stade ultime.


Léon 69, 23/08/2017



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