Extrait de la définition de l'allocation universelle sur La Toupie :
"Elle prend en compte le fait qu'il n'y a plus assez de travail pour tous et qu'en conséquence, il y a nécessairement des laissés-pour-compte."
Je pense qu'il faut éviter de voir le problème sous cet angle. Personnellement j'entends d'abord le mot "travail" comme travail contraint, c'est à dire ce travail que nous devons réaliser pour faire "bouillir la marmite", plus exactement pour gagner l'argent pour acheter la marmite et ce qui va dedans, et la cuisinière etc, etc.
Au lieu de le déplorer, au contraire nous devrions nous réjouir que ce travail (cette torture : tripalium) se fasse rare. Si le travail est de plus en plus rare, c'est seulement du fait de l'automatisation des techniques et des gains de productivité. Si nous devions vouer un culte à la technique, ce serait uniquement parce qu'elle nous libère du travail.
En société, la moindre des justices nous obligerait à partager nos peines... la moindre des sagesses devrait nous pousser à partager ce travail. Et pour cela, en l'état actuel des techniques, la semaine de travail ne devrait pas dépasser les 20 heures. 4 heures par jour et pour tout le monde, ça devrait suffire. Ce qui nous laisserait pas mal de temps pour faire autre chose : peler les légumes, couper le bois pour la cuisinière, jardiner, s'occuper des enfants et des personnes âgées, peindre, écrire... bref, tout ce que nous aurions choisi et décidé en toute liberté, de faire.
Quant à tous ces "laissés-pour-compte"... jusque-là on nous a toujours expliqué que nous devions créer des richesses (?), être compétitifs, avoir de la croissance et patati et patata. Nous nous évertuons à inventer (innover) des choses plus ou moins idiotes, à les fabriquer, les trimballer et les vendre, et maintenant à les recycler. Bref, toujours plus. Et nous voyons finalement où tout ça nous a conduit : à fabriquer n'importe quoi et n'importe comment, non pas pour faire travailler et sortir de leur misère les "laissés-pour-compte", mais pour enrichir les actionnaires. Toujours plus !
Seulement ces "laissés-pour-compte" risquent de devenir un sérieux problème pour le Système. Un peu de chômage ça va... c'est bien connu, ça permet de faire peur aux travailleurs-cons-ommateurs, qui finissent par se dire qu'ils ont de la chance de travailler, et même à aimer leur joug. Mais trop ça ne va plus. C'est toujours l'histoire de la juste mesure. Les "laissés-pour-compte" vont finir par se révolter et mettre l'ordre établi en danger. Pas bon ça, surtout pour les affaires !
- Il vaudrait alors mieux les calmer...
- Oui, mais comment ?
- En leur donnant ce qu'ils veulent !
- Et quoi donc ? Du travail... y'en a pas.
- Alors donnons-leur directement ce qu'ils veulent vraiment, un peu de pognon.