cole de violence... violence d'école
Dans les temps qui courent, il est beaucoup question de la dégradation des rapports entre les jeunes et les adultes à telle enseigne que des altercations dégénèrent en conflit de générations.
Quelle en est alors la toile de fond, leurs incidences de ce statu quo sur les enseignants et enseignés ?
Aujourd'hui, les ados sont exposés plus que jadis à une sous-culture charriée par les technologies modernes, les portables, les kits, jeux électroniques. Le clavardage, mot composé signifiant bavarder sur le clavier, néologisme véhiculant en français canadien a pour lui le grand lot jamais atteint. Une grande mutation comportementale s'ensuit se manifestant dans les lieux publics, l'enceinte de l'école en est le côté saillant, le champ de bataille. Les nouvelles recrues sont sensibles aux nouvelles mutations diffusées sur les médias par exemple les chansons, le rock, le rap, le blues. Cela a impacté de même leur façon de vivre à l'école, en famille, sur leur look vestimentaire, leur style de vie, songeons à Star Ac.
Cette overdose d'infos a percuté la structure familiale traditionnelle. Il en résulte des bévues à l'école et outre ses remparts. La transmission du savoir se voit perturbée, les cours coupés; ajouté à cela des profs désoutillés devant ce flux de la numérisation. L'indiscipline caractérise fréquemment la relation maître-élève de sorte qu'on assiste souvent à des scènes de violence. L'absence de compétence sociale des enseignants, leur désappareillage en est un motif de taille.
Comment remédier à ce phénomène en croissance phénoménale ?
Il va sans dire que notre école n'est pas une tranche de vie, ni un ilot coupé du reste du monde. A rebours, elle reçoit, par ricochet, les secousses sociales environnantes... C'est dire que la crise est avant tout socio-psychologique. Les rapports éducatifs ne sont pas dans des beaux draps, accusent une déficience frappant aussi bien l'infrastructure scolaire que notre conception du prêt à penser s'avérant rétroactive, inefficiente. "Autres temps, autres moeurs." L'espace scolaire est loin de l'attrayance, ne tente pas l'imaginaire dynamique de l'apprenant ni sa jouissance, par voie de conséquence son emportement pour les études studieuses; le savoir-faire. Les rapports sont encore à la verticale, rigides ne tenant pas compte des motivations de l'Autre ainsi que ses besoins enfouis. Rousseau n'a-t-il pas dit "connaissez vos enfants avant de les enseigner". L'éducation exige une méthode dynamique dont l'apprenant est le centre. Elle est au carrefour des sciences sociales, cognitives, psychologiques du fait de son caractère pluridimentionnel voire labyrinthique. Dans ce cas, nous aurons besoin d'une école rentable perméable aux fluctuations sociales de toutes parts. Je me réfère à Pierre Rebhi dans ses propos sur l'éducation.
"La vie est changement, adaptation, régulations continuelles, bio-physiques, psychologiques" fin de citation. Edgar Morin a bien travaillé sur cet axe, je cite "Manifeste pour changer l'éducation". Les grands humanistes ont travaillé sur le système éducatif. En fait l'école a éduqué des générations qui ont contribué au progrès équilibré d'un monde solidaire dont tous les membres sont participatifs.
L'école devrait changer la société, non l'inverse donc elle doit être ouverte sur l'environnement social. Les moments récréatifs se feront dans un climat de confiance, d'échange... Ceci ne réussira que dans des classes non chargées favorisant le travail en équipe, cela assure la fluidité du message, la bonne interaction du cours. C'est un moyen allégeant l'état de tension des scolarisés.
L'école moderne n'est conçue pour refléter des valeurs vénales et mercantiles rabaissant l'être humain à l'état matériel, objectivé à outrance par la consommation effrénée, irrationnelle... La vraie richesse réside dans les esprits, notre capital immatériel. Cette est école restera loin des valeurs de la classe dominante diffusant les idées individualistes dont l'horizon est rétréci encourageant le désinvestissement dans l'éducation, par suite la glorification de l'homme.
Le dedans ou l'enclavement de l'école derrière ses murs ainsi que l'extérieur de la scène sociale participent à l'abolition des frontières des deux pôles. Les esprits innovants sont une source immatérielle de richesse intarissable.
Un espace urbain qui rime avec l'école est apte à faire éclore le potentiel créateur pour le bonheur d'une société équitable, en harmonie avec la nature, ayant le culte du progrès équilibré entre les avancées scientifique et la glorification des valeurs humanistes.
Le système éducatif rafistolé à plusieurs reprises, bricolé a abouti à la désillusion de nouvelles générations qui crient haro sur l'école qui engendre la violence. La communauté humaine s'attend à une école où il fait bon vivre loin du décrochage culturel.
Sedeck, 21/05/2015
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