Une obsession : Travail. A fouiller pour en trouver une définition voilà que j'arrive chez Tourev!
Pour en finir avec le culte du travail-emploi comme fin en soi, bien, plutôt que outillage, tâche indispensable minimale et incontournable pour atteindre ce qui importe.
Voilà qui me travaille (!) depuis plus de trente ans. Ai lu, il y a tant et tant "Tous à mi-temps" et "Travailler deux heures par jour"... Voilà des titres qui méritent réflexion.
J'avoue. Hier j'étais en grève... J'ai 53 ans. Si je me fiche des histoires de sous et que j'y réfléchis à deux fois avant de me battre pour, je n'hésite pas un seul instant sur cette affaire.
Il y a une chose qui ne se récupère pas : Le temps. Les années données, on ne peut pas les racheter, parce qu'on vieillit et qu'on meurt. Toutes ces conneries entassées avec ces sous je ne peux pas les revendre pour racheter quelques années d'existence.
Sénèque nous disait il y a bien des siècles dans son De la brièveté de la vie.
La plupart des hommes disent : "À cinquante ans, j'irai vivre dans la retraite ; à soixante ans, je renoncerai aux emplois." Et qui vous a donné caution d'une vie plus longue ? qui permettra que tout se passe comme vous l'arrangez ? N'avez-vous pas honte de ne vous réserver que les restes de votre vie, et de destiner à la culture de votre esprit le seul temps qui n'est plus bon à rien ? N'est-il pas trop tard de commencer à vivre lorsqu'il faut sortir de la vie ? Quel fol oubli de notre condition mortelle, que de remettre à cinquante ou soixante ans les sages entreprises, et de vouloir commencer la vie à une époque où peu de personnes peuvent parvenir !"
Se mettre à disposition de soi même.
Il faut que les syndicats évitent de trop rentrer dans le jeu gouvernemental sur le terrain économique, en tous calculs sordides.. L'affaire qui nous concerne est une question proprement philosophique ou tout ce qu'on voudra. Et les manifestants disaient tout bêtement ce qu'il faut dire : "Si je refuse ce départ repoussé c'est tout bêtement parce que le travail est une contrainte et je ne le supporte plus". "Le travail ce n'est pas un cadeau". Il y a dans ce travail la pointeuse, le chef, la fatigue, le stress, l'usure du toujours plus, et le tout bête manque d'intérêt après le plaisir qu'on a trouvé autrefois. Être au boulot vaut toute condamnation pénale. C'est aussi bête que ça.
Oui, bien sûr on peut se faire plaisir, par dessus le marché, dans l'emploi que l'on occupe. Oui, la tâche est intéressante, vous titille le neurone, la créativité, la curiosité. Et la nous ne sommes plus dans le travail mais dans la tâche, l'activité... Et par dessus le marché, on est payé pour se faire plaisir. Mais tout le monde ne se promène pas dans cet univers là.
En finir avec cette existence découpée en 3 morceaux. J'apprends pour bosser, je bosse, j'attends la mort. Il nous faut refuser le : "Créer des emplois" comme fin en soi. Au fil des ans tous outillages et technologies font que pour un même résultat il faut de moins en moins de monde pour un même résultat. Le comprendrons-nous un jour ? échanger ce "créer des emplois" contre un "partager, distribuer tâches et résultats de ces tâches". S'il faut 10 personnes pour, à plein temps, venir à bout de ce boulot et qu'il y a 20 personnes disponibles et sans pognon qu'on commence à réfléchir à ce : et si je mettais 20 personnes au boulot, à mi-temps ? Et par dessus le marché, il y aurait des gains de productivité avec ces gens moins usés, je réussirais à produire encore plus !
Peut-être devrions nous aussi penser à ce : Les tâches chiantes, et si nous les partagions ? Si nous inventions je ne sais quel service civil qui nous ferait mettre les mains dans la merde de temps...?
Je n'ai pas manqué en http://monfoutoir.overblog.com de rajouter un lien vers ce site qui m'a titillé le neurone...
lemartien, 08/09/2010
|