La Toupie 
 
Site sans publicité, ni cookies, ni IA
 
L'abus d'images animées est dangereux pour le cerveau
(Les objets temporels)



La citation du mois
(Historique)
"Le leader populiste dénonce toujours un système dont il est lui-même issu."
Matthieu Suquière
Qui sommes-nous ?
Questions/Réponses
Contact
Contribuer à La Toupie
  La Toupie  >  Textes  >  Stress et suicide en entreprise

Stress et suicide en entreprise


Motivation ou implication ?




Jusque-là tabou, le suicide en entreprise a été placé sous les feux médiatiques après les séries de drames qui ont touché Renault puis France Télécom.

S'il est indéniable que les causes du suicide peuvent être multiples, notamment personnelles, celles liées au travail en entreprise sont caractéristiques d'un management qui tend à se durcir. Les facteurs mis en avant sont nombreux :
  • Augmentation de la charge de travail et de la productivité,
  • Délais de production raccourcis, recherche d'une plus grande réactivité,
  • Exigence de compétences de plus en plus étendues et de davantage de flexibilité,
  • Individualisation des objectifs et concurrence interne au détriment de la solidarité,
  • Déshumanisation du travail,
  • Décisions arbitraires et logique guerrière de la hiérarchie,
  • Savoir-faire et expérience ignorés,
  • Situations professionnelles dévalorisantes et parfois dégradantes,
  • Fréquentes réorganisations,
  • Crainte du chômage…
L'homme n'étant pas une machine, ces contraintes génèrent un niveau de stress qui, au dire des spécialistes, a tendance à s'accroître. Heureusement, il ne conduit que rarement au suicide, mais provoque de réelles souffrances.

Une des causes de stress, voire de suicide, est le rôle de l'implication du salarié dans l'entreprise, c'est-à-dire d'un investissement personnel dans son travail qui va bien au-delà de la motivation. Si la motivation (ou l'engagement) est nécessaire à la fois à l'épanouissement du salarié et à qualité du travail fourni, l'implication, quant à elle, mobilise les émotions et les ressorts les plus profonds de la personnalité.

Une boutade permet d'illustrer la différence fondamentale qu'il y entre motivation et implication :
    "Dans l'omelette au lard, la poule qui a pondu l'œuf est motivée, le porc, lui, est impliqué."
Le salarié trop impliqué dans son travail, pour qui l'entreprise est devenue une partie de lui-même, se trouve confronté à une autre logique, totalement antinomique, celle des intérêts des propriétaires de l'entreprise, les actionnaires. Pour ces derniers, dans la plupart des cas, le salarié n'est qu'une force de travail, une variable d'ajustement comme une autre, sur lequel on fait pression pour augmenter les bénéfices. La recherche de la performance de l'entreprise est ainsi focalisée sur les seuls intérêts des actionnaires.

Le fossé entre les exigences des actionnaires et les attentes du salarié impliqué devient, un jour ou l'autre trop important. Les contradictions lui sont insupportables. L'entreprise faisait partie de la vie du salarié, mais il découvre qu'il n'est rien pour l'entreprise, qu'une machine à produire, qu'une ressource au même titre qu'une ressource de matières premières, qu'un pion que l'on déplace au gré des réorganisations, qu'un nom sur une liste des laissés-pour-compte dans une restructuration... Les tensions émotionnelles et les souffrances qui en résultent sont profondes et peuvent avoir des conséquences parfois dramatiques sur l’équilibre psychologique de l’individu.

Engagez-vous, qu'il disait …
mais ne vous impliquez pas.


Pierre Tourev, 18/09/2009



Accueil     Textes     Haut de page     Contact   Licence CC