
La citation du mois (Historique) "Le leader populiste dénonce toujours un système dont il est lui-même issu." Matthieu Suquière |
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Appel à la jeunesse
pour une
"Opération seniors 2012"
Le jour où les retraités comprendront
Avec les agriculteurs, les commerçants, les artisans et les professions libérales, les seniors constituent le cour de l'électorat de la droite. Les enquêtes d'opinion ont montré qu'en 2007, Nicolas Sarkozy a été élu en grande partie grâce à leur voix. Selon une enquête IPSOS réalisée juste après le second tour de l'élection présidentielle de 2007, 61% des français de 60-69 ans et 68% de ceux ayant 70 ans et plus ont voté pour lui. Il est vrai que le "Monsieur 100 000 volts" de la politique s'était démené pour les séduire et les rassurer (sécurité, pouvoir d'achat, fiscalité, etc.).
Le candidat président ou président candidat (on ne sait plus très bien) tente, pour cette nouvelle campagne électorale, le même numéro de séduction. Mais son bilan est loin d'être aussi extraordinaire qu'il voudrait le laisser croire. Pendant le règne du président du "pouvoir d'achat", le pouvoir d'achat réel des retraités a ainsi été emputé significativement et le sera plus encore s'il est réélu. Cette baisse sournoise a de multiples causes :
- la revalorisation des pensions qui est depuis 1993 liée à l'évolution de l'inflation et non plus à celle des salaires. Or, si les prix des produits manufacturés ou de haute technologie ont tendance à baisser, ce n'est pas le cas pour les dépenses contraintes ou de première nécessité, comme l'alimentation, les loyers, l'électricité, le chauffage, l'essence, etc. pour lesquelles ce sont les retraités aux faibles revenus qui sont, en proportion, les plus touchés par les augmentations.
- l'augmentation des dépenses de santé :
- déremboursements toujours plus nombreux de médicaments,
- instauration de franchises sur les actes médicaux,
- hausse du forfait hospitalier,
- dépassement d'honoraires,
- hausse du coût des mutuelles,
- le coût toujours plus élevé des séjours en maison de retraite,
- la hausse de la TVA (avec la TVA dite sociale). Judicieusement sa mise en place a été fixée après l'élection par l'actuelle majorité, téméraire, mais pas stupide. Les effets ne s'en feront sentir qu'à partir d'octobre 2012.
En dix ans, la baisse du pouvoir d'achat des retraités est estimée, en France, à plus de 10%. Et cette tendance n'est pas finie. Pour Didier Blanchet, chef du département des études à l'Insee : "Depuis la fin des années quatre-vingts les pensions sont indexées sur l'inflation et non plus sur l'évolution des salaires. Conséquence, les revenus des retraités progressent moins vite que celui des actifs. A cette mesure s'ajoute la réforme Balladur de 93 qui a allongé la période servant de base pour calculer les pensions (les 25 meilleures années, plutôt que les 10 jusqu'alors), ce qui a eu un impact négatif sur leurs montants. Du côté des régimes complémentaires aussi, la politique concernant la valeur du point (son prix d'achat évolue selon la hausse des salaires, mais le gain qu'il procure est indexé sur l'inflation) pénalise les retraités. Toutes ces mesures prennent du temps avant de produire leur effet, mais d'ici 2040 le niveau de vie des retraités devrait avoir reculé d'environ 20% par rapport à celui des actifs." (Capital.fr - 11/03/2011)
Quant à la réforme de la prise en charge des personnes en perte d'autonomie, qui était une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, elle a été définitivement abandonnée en janvier 2012. Le président candidat n'a plus aucune marge de manouvres, car il les a toutes dilapidées en avantages fiscaux aux plus aisés et en accroissant l'endettement de la France.
Les retraités devraient commencer à se rendre compte combien ils se sont fait avoir en votant pour la droite en 2007 et à regretter un tel choix, et surtout, qu'ils ne doivent pas recommencer en 2012. Comme les retraités ne descendent pas facilement dans la rue, c'est dans les urnes qu'ils devront dire "Maintenant, ça suffit", manière élégante de dire "Dégage !".
Aussi, j'invite tous les jeunes qui me lisent, qu'ils soient ou non en âge de voter, à une sorte d'"Opération Seniors" qui consiste à aller expliquer à leurs grands-parents ou à des retraités de leur entourage qu'ils n'ont rien à gagner à voter Nicolas Sarkozy. Non seulement, sa politique va accentuer l'inexorable déclin de leur pouvoir d'achat, mais vous les jeunes, vous en êtes les premières victimes à cause du saccage de l'Education nationale, du chômage de masse qui vous touche et de l'absence de perspective d'avenir.
Essayez de convaincre les seniors que le problème ce n'est pas la sécurité comme on voudrait le leur faire croire, ni la viande halal, mais que ce sont les questions économiques (le pouvoir d'achat, le chômage et le fossé toujours plus grand qui se creuse entre les plus modestes, dont ils font partie, et les plus riches que le président sortant a si bien soignés pendant son quinquennat. Et si par habitude ou lassitude, les seniors que vous rencontrez ne veulent pas changer leur vote, demandez-leur qu'ils le fassent au moins pour l'avenir de leurs petits enfants.
Pierre Tourev, 09/03/2012
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