
La citation du mois (Historique) "Le leader populiste dénonce toujours un système dont il est lui-même issu." Matthieu Suquière |
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Le temps des primaires
L'Académie des candidats ou le bal des égos
En vue d'un scrutin uninominal à deux tours comme l'élection du président de la République française, une élection primaire (ou une "primaire") a pour but de désigner celui qui sera le candidat d'un parti ou d'une famille politique. La primaire peut être réservée aux seuls militants ou bien ouverte aux sympathisants. L'objectif est de donner de la légitimité au candidat ainsi désigné et d'éviter qu'une dispersion des candidatures empêche ce parti ou cette famille politique d'être représenté au second tour de l'élection.
Ainsi, en France, les prochains mois seront placés sous le signe des primaires en vue de l'élection présidentielle de 2017. En voici un panorama à un peu plus d'un an de l'élection :
- Primaire du parti Les républicains. Ce sera sans doute un concert de casseroles judiciaires et de petites phrases assassines. Le Phénix Sarkozy va-t-il renaître de ses cendres ? Peut-être, car il n'est pas impossible qu'il bénéficie d'un coup de pouce de militants du PS. En effet, ceux-ci le considèrent comme plus facile à battre par leur futur candidat que le maire de Bordeaux, plus "rassembleur". Quant aux autres candidats, ils devront faire le bon choix de ralliement au second tour de ces primaires pour espérer avoir plus tard un portefeuille de ministres ou une haute fonction dans la République.
- Primaire des français (laprimairedesfrancais.fr). Un OPNI (objet politique non identifié) composé aujourd'hui de six mouvements situés plutôt au centre (Oui ! Quand on est ni de droite, ni de gauche, ni en bas, ni en haut, on est au centre) et plutôt libéral, avec plusieurs entrepreneurs ainsi que des "Faizeux". Les partis politiques, le corporatisme et la "bureaucratie syndicale" y sont dénoncés comme à l'origine de tous les maux dont souffre la France. Ce n'est pas de ce côté-là qu'il faut attendre une réduction des inégalités. Leur véritable inspirateur, plus ou moins implicite, Valéry Giscard d'Estaing, avait réussi le coup en 1974. Va-t-il se porter candidat à cette primaire ? Quant à Emmanuel Macron, qui se dit ni de droite ni de gauche, va-t-il rejoindre ce mouvement ?
- Primaire ouverte (laprimaire.org). On ne sait pas ce que cela recouvre, ni qui est derrière, mais on sait qui en a parlé dans la presse. Cette initiative souhaite renouveler le personnel politique en stoppant la mainmise des partis politiques sur les élections présidentielles. Une primaire pour ceux qui ne craignent pas de confier les codes de l'arme atomique à un inconnu ! A suivre néanmoins.
- Primaire à gauche. Le PS est d'accord sur le principe, mais espère secrètement que ses alliés renonceront. EELV et le PC en seront-il ? Peut-être, s'il y a des garde-fous pour leur assurer qu'elle désignera bien un candidat de gauche et non un candidat de centre droit. Si François Hollande décide de s'y présenter, laissera-t-on à d'autres candidats du PS la possibilité de l'affronter à cette primaire ? Si ce n'est pas le cas, comme c'est probable, EELV et le PCF ont toutes les chances de décliner l'offre de primaire. Il faut attendre la fin 2016 pour le savoir.
- Primaire au Front de gauche. Le Front de gauche risque d'imploser avec, d'une part la nécessité vitale pour le PCF d'accords électoraux pour les législatives, et, d'autre part, l'intransigeance de Jean-Luc Mélenchon qui est déjà candidat. "Après des mois d'atermoiements et d'hésitations, le Front de gauche risque de périr des divisions stratégiques et des compétitions de personnes ou d'organisations" estiment les auteurs de l'appel du 1er mars 2016 "Rallumons l'étincelle du Front de gauche". Là encore, il faut être patient.
Pour Lutte ouvrière et le NPA. Le choix a déjà été fait, de manière très discrète et dans l'intimité du parti. Pour Lutte Ouvrière, ce sera Nathalie Arthaud. Pour le NPA, Philippe Poutou n'avait pas forcément envie d'y aller, mais il faut bien que quelqu'un se dévoue. Donc, comme d'habitude, il y aura plusieurs candidats chez les partis de sensibilité trotskiste.
Front National. Dans la famille Le Pen, Marine, son père ou sa nièce ? Après un suspense insoutenable, Marine Le Pen s'est déclarée candidate le 8 février 2016.
Pour ma part et bien que personne ne m'ait encore posé la question, j'ai l'honneur de vous annoncer ma non-candidature à l'élection présidentielle.
Mon non-programme de président de la République est simple : inaugurer les chrysanthèmes et laisser le pouvoir exécutif au Premier ministre, chef de la majorité à l'Assemblée nationale, pour en finir avec notre monarchie républicaine.
(A l'attention des élus : Il n'est pas nécessaire de me transmettre votre fiche de non-parrainage.)
Et les primaires pour les élections législatives ? !!!!
La question est importante, car c'est bien à l'Assemblée nationale que se situe le principal enjeu en 2017. En effet, pour la première fois depuis la Ve République, la fin de la bipolarisation de la vie politique deviennent une perspective hautement probable avec la possible entrée d'un nombre conséquent de députés FN et l'absence d'un parti majoritaire. Ce que la Constitution voulue par le général de Gaulle voulait à tout prix éviter !
Pierre Tourev, 15/04/2016
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