La Toupie 
 
Site sans publicité, ni cookies, ni IA
 
L'abus d'images animées est dangereux pour le cerveau
(Les objets temporels)




Un banal contrôle routier révèle un secret d'Etat impliquant le...

La citation du mois
(Historique)
"Le leader populiste dénonce toujours un système dont il est lui-même issu."
Matthieu Suquière
Qui sommes-nous ?
Questions/Réponses
Contact
Contribuer à La Toupie
  La Toupie  >  Textes  >  Israël - Palestine

Israël - Palestine


Un jour la paix ?




C'est en 1905 que le 7ème Congrès international sioniste a choisi la Palestine dans le but d'y créer un "Etat des Juifs". La montée de l'antisémitisme, déjà présent à la fin du XIXe siècle, jusqu'à son paroxysme de la Shoah, donne de l'ampleur au mouvement sioniste. La population de 1 Juif pour 10 Arabes en 1918 passe à 1 Juif pour 2 Arabes en 1948. Le Royaume-Uni qui administre la Palestine depuis 1920 sous mandant de la Société des Nations (SDN), fait face à des conflits de plus en plus violents entre Arabes et Juifs palestiniens, sans pouvoir concilier les deux parties. Il annonce en février 1947 son intention de remettre son mandat à l'ONU. En 29 novembre de la même année, l'Assemblée générale de l'ONU adopte la résolution 181 qui prévoit le partage de la Palestine en un État juif et un État arabe, mais celle-ci ne sera jamais appliquée.

L'indépendance de l'Etat d'Israël, "État juif dans le pays d'Israël", est proclamé le 15 mai 1948 par David Ben Gourion (1886-1973), ce qui déclenche la Guerre israélo-arabe de 1948-1949. Au total, entre 1947 et 1950 l'exode des palestiniens touche 700 000 à 750 000 personnes sur un total de 900 000, majoritairement vers la Jordanie, le Liban et la Syrie.

Depuis, sa création, l'histoire d'Israël et de ses voisins n'est qu'une suite quasi-ininterrompue de guerres ouvertes, de révoltes, d'actes de terrorisme, d'intifada, d'annexions, d'implantation de colonies, de tirs de roquettes, de représailles, de représailles anti-représailles, etc. En raison du véto des Etats-Unis au conseil de sécurité de l'ONU, l'Etat palestinien n'est toujours pas accepté comme Etat membre de l'ONU.

L'Etat d'Israël connaîtra-il un jour la paix ?

Malgré un bouclier anti missiles très performant, les quelques dizaines de kilomètres de zone de sécurité que l'Etat hébreu cherche, depuis sa création, à instaurer entre lui et ses ennemis s'avèrent de plus en plus insuffisants :
    - missiles de longue portée des plus puissants voisins arabes,
    - roquettes palestiniennes de portée accrue.
Certes Israël possède(rait) l'arme atomique, arme de dissuasion et destruction massive, mais son utilisation produirait des réactions en chaîne incontrôlées dans la région et dans le monde et ne résoudrait en rien le problème initial.

Ce que les diplomates de l'ONU ont oublié en 1947 et 1948, lorsqu'ils ont permis la création de l'Etat juif, c'est que l'approbation et le ressenti des peuples ne se décrètent pas. Que ce soit une organisation internationale comme l'ONU, un empire, une dynastie ou bien un régime totalitaire, lorsqu'on redessine une carte de géographie sans l'assentiment des peuples, un jour ou l'autre, ceux-ci se révoltent pour retrouver leur dignité qu'ils considèrent comme bafouée. Le moteur structurant de ces peuples révoltés et qui aspirent à l'indépendance peut être la langue, la religion, la culture ou un critère ethnique et il se transmet de génération en génération. C'est une forme de romantisme appliquée à la géopolitique, à la nation : le nationalisme romantique où sont exacerbées les caractéristiques et l'histoire communes du groupe. Cette conscience qui vient du cour, ce romantisme si prompt à séduire les foules après quelques beaux discours enflammés est à l'opposé de la raison, si longue à s'implanter (Cf. la construction de l'Union européenne) et qui est balayée à la première bouffée nationaliste. On est très loin de l'universalisme en politique qui affirme que tous les groupes humains ont une nature commune et que par-delà les différences biologiques et culturelles, il existe une unité fondamentale du genre humain.

L'histoire fourmille de tels réveils "romantiques" aboutissant à la création de nouveaux Etats ou à des frustrations dégénérant en violences.
  • le démantèlement de l'improbable Empire austro-hongrois, aussi multiculturel qu'hétéroclite, qui est réparti entre sept Etats à la fin de la Première Guerre mondiale.
  • la dislocation de l'URSS et l'accession à l'indépendance de la plupart des républiques la composant,
  • l'éclatement de la Yougoslavie à partir de 1991 en plusieurs Etats-nations : Croatie, Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Macédoine, Kosovo.
  • la réunification de l'Allemagne.
  • les mouvements séparatistes en Ukraine.

L'Etat d'Israël existe depuis 66 ans et n'est toujours pas accepté par les peuples palestiniens et arabes. Et cela peut durer longtemps. Les Juifs, eux-mêmes, ont su être patients pendant 19 siècles, après avoir été chassés de Jérusalem par les Romains. Comment donc, dans la configuration actuelle, cette région du monde, redessinée en 1947 sans l'accord des deux peuples, pourrait-elle un jour trouver la paix ?

Je n'entrevois que deux solutions possibles, faisant appel à la raison, pour y parvenir :
  • que les peuples israéliens et palestiniens (et accessoirement arabes) adoptent les principes de la laïcité, c'est-à-dire du vivre ensemble, dans le même Etat, la religion restant dans la sphère privée et la culture ancestrale remisée au second plan,
    ou bien
  • que les Juifs, lassés de vivre dans une insécurité permanente, décident d'eux-mêmes de quitter Israël et rendent leurs terres aux palestiniens.


Pierre Tourev, 15/07/2014



Accueil     Textes     Haut de page     Contact   Licence CC