
La citation du mois (Historique) "Le leader populiste dénonce toujours un système dont il est lui-même issu." Matthieu Suquière |
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Eviter les pièges de la pensée : Les biais cognitifs
Biais linguistique
Le biais linguistique (appelé aussi hypothèse Sapir-Whorf ou relativité linguistique) correspond à la façon dont les caractéristiques d'une langue influent sur les processus mentaux relatifs à la connaissance de ceux qui la parlent.
"En linguistique et en anthropologie, l'hypothèse de Sapir-Whorf (HSW) soutient que les représentations mentales dépendent des catégories linguistiques, autrement dit que la façon dont on perçoit le monde dépend du langage. Cette forme de relativisme culturel appliquée au langage a été développée par l'anthropologue américain Edward Sapir puis défendue de façon radicale par son élève, Benjamin Lee Whorf. Telle que formulée par ces auteurs, il ne s'agit pas à proprement parler d'une hypothèse scientifique mais plutôt d'une vision générale du rôle du langage dans la pensée que Whorf illustra à travers l'exemple de la "langue esquimau" qui disposerait, selon lui, de trois mots pour désigner la neige là où l'anglais n'en aurait qu'un seul (snow) si bien que "pour un esquimau, ce terme générique (snow) serait pratiquement impensable"." (Wikipédia) (1)
L'hypothèse de Sapir-Whorf, élaborée dans les années 1930, bien que rejetée dans sa formulation radicale, a fait l'objet d'expériences à la fin du XXe siècle qui ont montré que le langage peut avoir un effet mesurable, bien que parfois faible, sur la perception et la représentation de l'espace, du temps, des émotions...
Exemples de situation où l'on peut rencontrer le biais linguistique :
- dans les tests de mesure du QI, mis en évidence par le psychologue afro-américain Robert L. Williams en 1874,
- dans les entretiens de recrutement,
- dans les statistiques de publications dans la recherche, avec la sur-représentation des périodiques en langue anglaise.
Le biais linguistique intergroupe
Le biais linguistique intergroupe est la tendance qu'ont les individus à décrire les comportements positifs de l'endogroupe (groupe auquel ils appartiennent) et les comportements négatifs d'un exogroupe (groupe auquel ils n'appartiennent pas) de manière plus abstraite (notamment par l'usage d'adjectifs) que les comportements négatifs de l'endogroupe et les comportements positifs de l'exogroupe, décrit de manière plus concrète (usage de verbes d'action). Voir aussi un biais cognitif similaire : Erreur ultime d'attribution.
Des études (Von Hippel, Maass) ont montré que ce biais permet d'évaluer le niveau des préjugés implicites des individus. Ainsi le biais linguistique intergroupe peut s'expliquer "comme un cercle vicieux dans lequel l'utilisation biaisée du langage maintient, voire même aggrave les biais intergroupes initiaux".
Le biais linguistique intergroupe pourrait s'expliquer par le fait que les comportements décrits de manière abstraite sont perçus comme plus stables et plus caractéristiques du groupe, donc pouvant être généralisés, alors que les comportements plus inconsistants sont exprimés de manière concrète, comme s'il s'agissait d'un incident ponctuel.
>>> Citation :
"L'incompréhension linguistique est source de pensées simples et affectueuses. Personne ne blesse personne. Avec la compréhension mutuelle naissent les fâcheries et les guerres."
Pierre Mérot - Mammifères, 2003
>>> Sources
(1) Note : Remarque d'un internaute (FG, 20/10/2015)
Ce que dit Whorff à ce sujet est très lacunaire.
En fait, il y a plusieurs langues esquimaudes. Si celle de l'Alaska est proche de celle de la Russie, elle est loin de celle du Groenland et de l'inuktitut au nord du Québec.
Je vous invite à découvrir ceci : http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/les-mots-en-inuktitut-pour-la-neige-et-la-glace/
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