La Toupie  >   Forum des Toupinautes   >   Travail pour tous : oui

  Forum des Toupinautes  


Travail pour tous : oui

Nécessité d’un lien entre travail et revenu


Roquette - 2016-11-13 - 14:42



(Ce texte est extrait du forum : Travail)


Vers une nouvelle citoyenneté ?

Après les Trente glorieuses, les pays développés se sont enlisés dans le chômage de masse. Un sentiment d’impuissance collective s’est installé, aggravant la détresse sociale.

Certains économistes mettent en avant l’écart de compétitivité entre les pays économiquement avancés et ceux qui émergent. Cela permet d’en appeler encore plus à la baisse des couts du travail et à la mise en cause des droits, le chômage pesant lourdement sur les capacités revendicatives.
Les jeunes ont du mal pour trouver un premier emploi pérenne, plus de 80% sont des emplois temporaires.

Ces conditions entraînent un climat de doutes et de peurs, très peu propice à l’engagement citoyen et qui suscitent au contraire des réactions d’hostilités contre ceux qui soi-disant profiteraient du système, ou des oppositions contre des boucs émissaires.
On a pu dire que la Laïcité et la citoyenneté avaient, en ce sens besoin de la solidarité. Mais en même temps l’appel à la solidarité devient de plus en plus difficile.

Alors bien entendu la question du revenu d’existence ou revenu de base est à nouveau sur le tapis. Puisqu’il n’y a plus assez de travail, concevons au moins un revenu minimum, semble-t-on dire !
La revendication d’un revenu universel est aussi soutenue par de nombreuses personnes qui y verraient l’occasion d’éliminer d’autres prestations. Mais est-ce véritablement LA solution ?
Le revenu d’existence dévalorise systématiquement le travail, d’une part en permettant la multiplication des "petits boulots" alternant avec des phases de chômage, il permet surtout l’emploi de travailleurs en dessous du minimum vital. D’autre part l’accent mis sur la lutte contre l’exclusion s’accompagne d’une attaque systématique contre les emplois garantis. Une fois le travail dévalorisé, c’est la propriété qui devient le critère de répartition inégale des revenus.
Les conséquences de cette dévalorisation du travail sont encore plus ravageuses si on les étudie du point de vue du lien social. Le travail est une activité rationnalisante.

Alors pourquoi ne pas organiser une avancée vers un droit réel au travail ? C'est-à-dire du travail pour tous ceux qui le voudront ? Cela peut paraître utopique mais l’utopie peut être réalisable. L’idée que le travail serait en voie de disparition est une absurdité, car le travail n’est pas une denrée, mais l’expression en tant qu'Homo Faber. L’idée qu’il y aurait des hommes de trop et que certains n’ont rien à apporter d’utile aux autres reviendrait à instituer une sous-humanité.

Le problème n’est pas de chercher des alternatives au travail (il y en a malheureusement : drogue, télé,...). Il faut remettre le travail à sa place en luttant contre sa suppression par la création de postes de travail utile même non rentable.
Ainsi les associations les collectivités territoriales pourraient avec inventivité, créer des multitudes d’emplois au sens d’occupations utiles.

La condition ?? Que ces emplois puissent être payés par une caisse de solidarité économique, à l’image de la caisse du bâtiment contre les intempéries créée après la Seconde guerre mondiale, une caisse à l’image des caisses de retraite ou de sécurité sociale, c'est-à-dire à partir de cotisations par socialisation d’une partie des salaires.
Cela deviendrait encore plus égalitaire si la somme décidée, par exemple 80% du smic, était aussi distribuée à tous ceux qui ont un travail, les indépendants, agriculteurs ou artisans déclarés, et si chaque employeur touchait pour chaque emploi à temps plein l’équivalent de cette somme en aide. La répartition deviendrait ainsi universelle .... Mais avec un travail pour chacun

L’idée pourrait passer par un nouveau statut du travail salarié visant à attribuer à la personne même du travailleur l’essentiel des droits salariaux qui sont jusqu’ici liés à son emploi, c’est d’ailleurs ce que demandent plusieurs syndicats. Ceci mettrait en place l’idée de la caisse de sécurité économique, les extensions progressives pourraient s’organiser ensuite.

Au moment où la mode médiatique et politique est à la flexi-sécurité ce qui permet surtout d’introduire plus de flexibilité, pensons d’abord à une sécurité minimale de la vie pour recréer un climat social où la citoyenneté pourra à nouveau prospérer.
Ces idées sont, bien sûr, des esquisses non abouties, mais ne faut-il pas créer des utopies... qui quelquefois débouchent sur le réel.

Si l’on écarte l’idée de sous-humains voués à recevoir sans jamais donner, il faut admettre la nécessité d’un lien entre travail et revenu.



Roquette, 2016-11-13



Accueil   "Forum des Toupinautes"   Haut de page