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Nicolas Sarkozy invente le "vrai travail"


Le 6 mai, montrons-lui la "vraie sortie"




Le 24 avril 2012, en appelant à un rassemblement le 1er mai pour défendre le "vrai travail", Nicolas Sarkozy a soulevé autant la polémique que les sarcasmes vis-à-vis d'un président-candidat qui ne sait plus quoi faire pour redresser la barre à quelques jours du second tour de l'élection présidentielle.

Encore une fois, Nicolas Sarkozy se montre le candidat de la division qui veut jouer les Français les uns contre les autres. Ce qui est mis en avant par ce nouveau concept, c'est le "vrai travail", par opposition à celui des assistés, des contrats aidés, des "payés à rien faire", des chômeurs qui se complaisent lamentablement dans leur situation, des "corps intermédiaires", des "minorités bruyantes" et surtout des syndicats "non représentatifs" et "qui prennent les Français en otage" . Tandis qu'aux côtés de Nicolas Sarkozy se trouveraient ceux qui ont un "vrai travail", ceux qui se lèvent tôt et travaillent dur, ceux de la "majorité silencieuse", mais aussi ceux qui s'enrichissent, en silence, en exploitant les autres.

Nous connaissions déjà :
  • la "vraie France", celle en bleu et blanc,
  • les "vraies valeurs", celles de l'autorité et de l'ordre,
  • la "vraie vie", celle du Fouquet's et des yachts, celle où, si tu n'as pas une Rolex à 50 ans, tu as raté ta vie,
  • les "vrais gens", etc.
Après le "vrai Travail", il ne reste plus qu'à inventer la "vraie Famille" (dont on n'est pas très loin avec le rejet du mariage homosexuel) et la "vraie Patrie". On retournerait dès lors à l'époque du maréchal Pétain où il fallait être un "vrai Français". A force de vouloir reprendre à son compte les thèses du Front national, le président-candidat nous en rapproche dangereusement chaque jour un peu plus.

A ceux que ce parallèle avec la France occupée offusquerait, je veux bien concéder que l'annonce du rassemblement du 1er mai pour le "vrai travail" est avant tout un mouvement de panique de la part de celui qui sent qu'il va perdre.

Vivement qu'on tourne la page !
Le 1er mai, puis le 6 mai, montrons clairement à Nicolas Sarkozy où est la "vraie sortie".


Pierre Tourev, 25/04/2012



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