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Propositions pour une meilleure répartition du temps de travail


Travailler moins pour que tout le monde puisse travailler




Cette page fait suite à l'article "Partager le travail devenu une ressource rare".

Doit-on, comme c'est en général le cas, vivre dans une société où certains travaillent beaucoup et d'autres pas ou très peu, dans la logique inégalitaire du "travailler plus pour gagner plus" qui est un contre sens historique. Les hommes politiques devraient s'emparer sérieusement de cette question et proposer un nouveau contrat social basé sur le droit fondamental au travail pour tous. Il y a beaucoup à faire en la matière.

Propositions :
  • Suppression des exonérations fiscales en faveur des heures supplémentaires.
    Non seulement, elles coûtent à l'Etat (entre 4 et 5 milliards d'euros par an), mais elles privent de travail ceux qui se trouvent au chômage et qui auraient pu accomplir ce travail. Il faudrait, au contraire surtaxer les heures supplémentaires pour inciter à l'embauche de nouveaux salariés.

  • Développer le recours au chômage partiel en cas de crise, plutôt qu'à des licenciements secs.
    Ce dispositif a montré son efficacité en Allemagne en 2009. Il permet aux salariés de conserver leur emploi et aux entreprises de redémarrer plus rapidement leur activité quand la demande repart.

  • Aller résolument vers les 32 h de travail par semaine.
    Contrairement à ce que dit la droite, le passage aux 35h a permis de créer 350 000 emplois (source INSEE) et d'absorber une population active plus importante. Le PIB n'a pas baissé en France car les salariés ont été plus productifs. Le passage aux 32h pourrait se faire avec des formules et une vitesse adaptées à chaque secteur d'activité, avec une meilleure représentation des chômeurs dans les négociations collectives, ainsi que des aides de l'Etat conditionnées par des recrutements et financées par la baisse des versements d'allocation aux chômeurs provoquée par la diminution du chômage.

  • Supprimer l'appel à l'immigration choisie.
    L'immigration choisie est une forme de concurrence déloyale, en faisant travailler pour un moindre salaire une personne venue de l'étranger et pour qui c'est une aubaine. La loi du marché doit aussi s'appliquer pour les travaux "dont les Français ne veulent plus". En augmentant ces salaires significativement, ils finiront par trouver des preneurs. La pénibilité a un prix.

  • Développer les congés rémunérés.
    Comme par exemple les congés parentaux qui éviteraient aux parents de recourir aux structures de garde d'enfants et permettraient aux hommes de prendre leur part de travail parental. Rémunérés à 70% du salaire initial, ces congés permettraient de ne pas rompre le contrat de travail, mais seulement de le suspendre. Son coût aurait pour contrepartie une économie dans les dépenses de structure des gardes d'enfant ainsi qu'une baisse de l'indemnisation des chômeurs, car une majorité des personnes en congé parental seraient remplacées par des créations d'emploi, certes temporaires, mais favorables à l'employabilité des personnes ainsi recrutées.

  • Encourager la sortie du salariat, à partir d'un certain âge, pour tous ceux qui ont les moyens de vivre sans travailler.
    L'incitation à quitter son emploi et à laisser sa place à des plus jeunes ou à ceux qui n'ont pas d'emploi pourrait se faire par un alourdissement de l'impôt sur le revenu. Celui-ci serait augmenté en fonction de l'historique des revenus du contribuable. Plus il a cumulé des revenus dans sa vie, plus fort serait son taux d'imposition pour les salaires perçus chaque nouvelle année. Ce taux d'imposition dissuasif sur les revenus du travail pourrait être également lié au niveau de la fortune.


Pierre Tourev, 13/11/2011



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