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Hausse des taxes sur les carburants

Mettre sa casquette verte
et prendre la transition énergétique par le bon bout



Supposons que l'Humanité puisse encore être sauvée de la catastrophe annoncée du réchauffement climatique, ce qui n'est pas évident.

Augmenter de manière indistincte les taxes sur les carburants, est-ce la bonne solution ? Encore une fois, ce sont les ménages les plus modestes qui trinquent. La hausse du prix des carburants n'aura pas d'effet significatif sur le pouvoir d'achat des classes supérieures. Quant aux possesseurs de yachts de luxes ou d'avions privés, ils pourront toujours aller faire le plein de leur réservoir dans un autre pays.

Faut-il compenser la hausse du prix des carburants par une aide financière ? Evoquer cette possibilité est bien la preuve que la hausse est trop forte, pas assez progressive, inadaptée et injuste.

Ne faudrait-il pas prendre le problème par l'autre bout ? Certes, il faut avoir des moteurs moins gourmands, des sources d'énergies plus propres, renouvelables et qui ne contribuent pas au réchauffement climatique. Certes, il faut favoriser les transports en commun, le covoiturage ou le ferroutage.

Mais ne serait-il pas plus judicieux de chercher aussi à réduire les déplacements ?

En analysant chaque type de déplacement, on devrait pouvoir trouver des pistes d'action soit pour les limiter, soit pour les faire contribuer de manière plus importante à la transition énergétique.


Quelques exemples et pistes d'actions (non exhaustifs) :

Voyager pour ses loisirs

  • augmenter la TVA sur les billets d'avion, les agences de voyages.
  • instaurer la TICPE (taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques) pour le transport aérien qui en est aujourd'hui exempté.
  • augmenter la taxe de séjour dans les hôtels et les locations saisonnières pour contribuer à la réduction des gaz à effet de serre.
  • promouvoir les visites touristiques virtuelles, en groupe ou individuelles (un guide muni d'une caméra sur le site touristique et, dans une salle avec un écran ou dans leur salon, les touristes qui pourraient suivre la visite guidée virtuelle et interagir avec le guide).

Faire ses courses dans un hypermarché

"Une étude de l'INRETS a calculé que les hypermarchés suscitent trois fois plus d'atteintes à l'environnement, par kilogramme d'achats, que le commerce de proximité, en raison d'une répartition modale défavorable des déplacements de la clientèle." (Wikipédia)
  • arrêter de construire de nouveaux hypermarchés et interdire les extensions des grandes surfaces existantes.
  • instaurer un bonus/malus pour faciliter l'implantation de commerces de proximité.
  • redynamiser les centres-villes.

Se rendre sur son lieu de travail

  • favoriser le travail sur 3 ou 4 jours par semaine.
  • promouvoir le télétravail.
  • inciter les entreprises à démultiplier leurs implantations sur le territoire, plutôt que de concentrer sur un même site plusieurs centaines d'employés.

Se déplacer dans le cadre de l'activité professionnelle

  • développer les réunions virtuelles en visio-conférence ainsi que la formation à distance.
  • développer le travail collaboratif utilisant les nouvelles technologies de l'information pour des salariés travaillant sur des sites distants.
  • optimiser les tournées commerciales ainsi que le choix des lieux de formation ou de séminaire.
  • augmenter la taxe de séjour dans les hôtels pour contribuer à la réduction des gaz à effet de serre (idem que pour les voyages de loisirs).

Transporter des marchandises

  • avoir une politique industrielle forte pour favoriser la relocalisation de sites de production.
  • instaurer un marquage obligatoire "fabriqué en telle région".
  • promouvoir une alimentation de proximité et de saison.
  • pénaliser les transports de marchandises en transit, par rapport aux transports intra régionaux.

Ce ne sont que des pistes d'actions, certaines seront sans doute considérées comme irréalisables ou techniquement impossibles. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas prendre le problème par le l'autre bout, la réduction des déplacements. Si nous ne voulons rien faire pour nous, faisons-le au moins pour nos enfants et petits-enfants.

Sauver la planète et accessoirement l'Humanité ne se fera sans quelques (gros) sacrifices sur notre mode de vie.


Pierre Tourev, 16 novembre 2018



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