La Toupie  >  Textes  >  Les fléaux écologiques qui menacent la planète

Les fléaux écologiques qui menacent la planète


"Vous saviez et pourtant vous n'avez rien fait !"




A la fin des années 1970, les scientifiques ont attiré l'attention mondiale sur le trou dans la couche d'ozone qui entoure la planète et la protège des rayons ultraviolets du soleil, nocifs pour les êtres vivants. L'interdiction des chlorofluorocarbures qui sont à l'origine de ce trou au-dessus de l'Antarctique devrait permettre la reconstitution de celle-ci dans plus d'un demi-siècle.

Cet exemple montre que, si l'humanité veut s'en donner la peine, et s'il n'est pas trop tard, elle peut traiter les problèmes environnementaux qu'elle a elle-même créés. De même que dans le cas du réchauffement climatique, il montre que ces "réparations" prennent du temps et qu'elles ne montrent leur efficacité que sur plusieurs générations.

Les fléaux provoqués par l'activité humaine, souvent par ignorance, mais aussi par une vision égoïste et court-termiste de son développement, ne se limitent pas au trou de la couche d'ozone, ni même au réchauffement climatique. D'autres catastrophes écologiques menacent pareillement l'humanité. Elles ne font pas encore la Une des médias, ni même l'objet d'un consensus de la part des scientifiques quant à l'ampleur des dégâts potentiels ou à leur conséquence sur la survie de notre espèce.

Elles font encore moins l'objet d'une mobilisation de la part des hommes politiques.

Les fléaux Origines Conséquences
Réchauffement climatique
Emission des gaz à effet de serre (dioxyde de carbone) par combustion des énergies fossiles : charbon, gaz, pétrole)
- Fonte des glaciers et de la calotte polaire
- montée du niveau des eaux, inondations,
- intensification des cyclones,
- sècheresses,
- famines, migrations.
Pénurie d'eau douce
- Ponction excessive des eaux de surface et des nappes phréatiques du fait de l'activité humaine, notamment agricole,
- Pollution liée à l'activité humaine (nitrates, métaux lourds)
- Précipitations plus faibles et plus grande évaporation (conséquences du réchauffement climatique)
- Pénurie d'eau potable pour 1,8 milliard de personnes d'ici une quinzaine d'années, notamment en Asie et en Afrique,
- Maladies (gastro-intestinales, diarrhées, choléra…)
- Désertification,
- Destruction des écosystèmes dans les mers et les océans à cause des rejets massifs d'eaux usées.
Stagnation de la production agricole
- Concurrence d'autres utilisations des sols : urbanisation, agrocarburants
- Productivisme agricole des décennies passées : salinisation des terres par excès d'irrigation, dégradation des sols, pollution liée à l'usage des engrais
- Changements climatiques
Production globale insuffisante pour nourrir une population mondiale en croissance : famines
Epuisement des réserves de poissons
- Surexploitation des ressources halieutiques,
- Subventions publiques favorisant une flotte de pèche en surcapacité,
- utilisation du chalut qui ramasse toutes les espèces et détruit la flore.
Développement de l'aquaculture, générant des pollutions côtières ou nécessitant des poissons de mer comme alimentation de poissons carnivores.
Déforestation des zones tropicales
- Commerce international du bois,
- Urbanisation anarchique,
- Transformation en terres agricoles
- Augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
- Atteinte à la biodiversité
Réduction de la biodiversité
- Déforestation,
- Exploitation des espèces,
- Fragmentation des habitats et destruction des écosystèmes,
- Réchauffement climatique
- Risques alimentaires liés à une moindre pollinisation,
- Accroissement de la vulnérabilité aux inondations,
- Plus grande sensibilité des monocultures aux accidents climatiques et aux maladies.
Dissémination des produits toxiques
- Insecticides,
- Dioxine résultant de l'incinération des déchets,
- Industrie métallurgique,
- Métaux lourds,
- Déchets nucléaires.
- Accumulation dans les produits alimentaires et risques sanitaires (cancer, baisse de la fertilité, atteinte du système nerveux, du système immunitaire…)
- Délocalisation des industries les plus polluantes que les pays riches ne veulent plus dans les pays en développement.

Pollution, surexploitation des ressources naturelles, combustion d'énergies fossiles, sont à l'origine de fléaux dont les conséquences, sont soit d'autres fléaux, soit, au bout du compte, la faim, la soif, la maladie ou la mort.

Il faut aussi avoir en tête que l'inertie de l'impact de l'activité humaine sur la planète est telle qu'une mobilisation générale et un changement de comportement général n'aurait des effets réparateurs significatifs qu'à l'échelle de plusieurs générations. Pensons à nos petits enfants et à nos arrières-petits enfants.
Que leur répondrons-nous quand ils nous diront :
    "Vous saviez et pourtant vous n'avez rien fait !"


Pierre Tourev, 31/01/2010



Accueil     Textes     Haut de page