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Elections européennes 2019

Représentativité, dispersion de la gauche,
vote utile, enjeux...



Les élections pour désigner nos représentants au Parlement européen approchent et le moins qu'on puisse dire est qu'elles ne passionnent pas les foules. Les sondages nous promettent une participation à 40% seulement.

Pour la France, le 26 mai prochain, il faudra élire 79 députés (74 si le Brexit est reporté) par un scrutin de liste sur une circonscription nationale unique. Le seuil de représentation pour qu'une liste ait des élus est de 5 % des suffrages exprimés.

Le dernier sondage connu à ce jour prévoit que sur les 33 listes candidates, cinq seulement (LREM, RN, LR, EELV, LFI) atteindraient la barre des 5%, totalisant environ 75% des suffrages exprimés. Avec 40% de participations cela signifie que la base électorale des 79 députés serait de seulement 30% des inscrits. Comme représentativité, même avec la proportionnelle, on fait mieux.

Le minimum aurait été de ne pas mettre de seuil pour qu'un plus grand nombre de courants d'opinion soient représentés. Les listes qui dépasseraient 1/79 des suffrages exprimés, soit environ 1,3%, pourraient avoir des élus.

Comme souvent, la gauche est dispersée, façon puzzle. Il est vrai que le progrès et l'avenir pour un monde meilleur peuvent se décliner de nombreuses manières parfois contradictoires. Quant à la droite, il est plus facile pour elle d'être unie car elle puise ses références dans un passé déjà écrit ou dans la doctrine économique dominante. Je ne ferai qu'évoquer les questions d'ego de personnes ou de partis, valables sur tout l'échiquier politique, qui poussent à profiter de la lumière médiatique que procure une campagne électorale.

L'union des forces de gauche aurait permis à celles-ci d'arriver en tête avec 30 ou 35% des suffrages. Pour cause de désunions, ces suffrages seront répartis entre au moins une demi-douzaine de listes. Les votes pour des listes ayant moins de 5% des suffrages exprimés ne serviront donc à rien. Les partis de gauche ne pourront que s'en prendre à eux-mêmes si une partie de leur électorat recourt au vote utile.
Important ! Contrairement au message que voudrait faire passer Emmanuel Macron, il ne s'agit pas de rejouer le second tour de la dernière élection présidentielle. Nous sommes dans une élection à la proportionnelle. Le fait que la liste La République En Marche (LREM) arrive ou pas en tête est sans importance. A gauche, ce qui compte, c'est que, malgré la dispersion, le maximum de voix concourent à faire élire des députés. Donc, si vote utile il doit y avoir, ce n'est pas en faveur de la liste LREM, mais pour l'une des listes de gauche susceptibles de dépasser le seuil de 5%.

Je suis atterré par l'irresponsabilité de ceux qui se trompent d'élection en prônant un vote sanction contre la politique franco-française d'Emmanuel Macron, en faisant de cette élection un enjeu de politique nationale ou en voulant freiner la construction européenne. Il faudra qu'ils expliquent à leurs petits-enfants pourquoi ils n'ont rien fait en ce début du XXIe siècle pour construire une Union européenne plus forte, lorsque celle-ci sera dépecée économiquement (ou pire, territorialement) par les puissances mondiales qui l'entourent.

Cette remarque est aussi valable pour ceux qui vont s'abstenir.

Le véritable enjeu, c'est l'avenir de l'Union européenne et la politique que l'on veut y mener.


Pierre Tourev, 09/05/2019



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