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Dégage !


Révolutions dans le monde arabe



"C’est une révolte ?
Non, Sire, c’est une révolution."

Le 15 juillet 1789, échange entre Louis XVI et le duc de La Rochefoucauld


Cela commence par un suicide, un ras-le-bol, des manifestations, même pas une émeute.
"Ben Ali, dégage !" crie le peuple tunisien qui, en quelques jours, parvient à chasser le président autocrate.

La révolution de Jasmin s'est propagée en Egypte :
"Moubarak, Dégage !"
Le régime a dû faire de grandes concessions pour ne pas s'écrouler. Mais la pression était trop forte et Moubarak a dû quitter le pouvoir.

Le vent de révolte menace de souffler sur d'autres pays du monde arabe.
La liste est longue des souverains autoproclamés, autocrates, monocrates ou dictateurs qui pourraient ainsi "dégager".

Il est cependant vrai qu'une révolution, on sait quand elle commence, mais jamais comment elle finit ni qui, au bout du compte, va en profiter. C'est même rarement ceux qui ont pris des risques sous les balles des policiers ou des milices pro-gouvernementales. On avance de trois pas, puis on recule de deux, parfois sur plus plusieurs décennies. En France, on en sait quelque chose avec nos deux Napoléon. Dans le monde arabe, le risque peut même être celui d'un retour en arrière de treize siècles avec les fondamentalistes religieux.

Malgré ce risque, on ne peut que féliciter et encourager ces peuples qui ont su, pacifiquement, avec courage et dignité faire plier des régimes qui paraissaient jusque-là inébranlables.

Qu'ils soient les bienvenus dans le concert des nations démocratiques comme la France, même si chez nous "Dégage !" s'adresse plutôt aux sans-papiers et "Casse-toi, pauv' con !" aux citoyens qui ont déplu au Prince.

Si les Français ne veulent pas en prendre pour cinq nouvelles années, c'est dans les urnes de 2012 qu'ils devront dire "Dégage !"


Pierre Tourev, 13/02/2011



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