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Le coopératisme




Notre société inégalitaire, où la richesse est concentrée dans les mains d'une petite minorité, engendre des problèmes majeurs. Il est impossible qu'une société fonctionne de cette façon. La solution réside dans le pouvoir à partir de la base et non pas à partir du sommet. Tous les aspects des rapports de l'homme avec l'homme doivent être revus. Si cette tâche est accomplie avec succès, il y aura davantage de coopération et non de division entre les hommes. La coopération est non seulement un besoin, elle est une nécessité vitale.

Notre société, gravement malade, engendre une jeunesse sans foi, ni loi, ainsi que de graves problèmes sociaux. Les inégalités criantes, qui existent au niveau de la répartition de la richesse, donnent naissance à des tensions qui se règlent dans la criminalité et la violence. Il n'y a rien de plus dangereux que la situation actuelle, où les dirigeants n'ont plus de principes moraux. Le citoyen en vient à la réflexion suivante : "Si eux le font, pourquoi pas moi ?" Lorsque la tête est corrompue, la base le devient rapidement.

Le capitalisme vit une très grave crise et aucune solution ne pourra être apportée tant que la structure économique n'aura pas été modifiée. Seul l'avènement d'un ordre nouveau, basé sur la coopération et non sur la compétition, pourra produire des changements significatifs. Ces changements, agissant de concert avec la pensée universelle qui se manifeste dans la fraternité, deviendraient la base du règlement des questions cruciales qui touchent l'humanité toute entière. Il faut des principes comme la sagesse et la nécessité de faire preuve d'honnêteté, d'équilibre et de droiture.

Considérant que les hommes qui nous gouvernent ne sont guère portés sur les principes moraux, il est primordial que ce soient les citoyens eux-mêmes qui se prennent en main et la seule façon d'y parvenir est par le mouvement coopératif. Les solutions ne peuvent venir des dirigeants qui sont trop corrompus par le pouvoir et l'avidité. L'homme doit se mettre au service de l'homme et non pas au service du capital. Le problème se pose ainsi: "besoins publics contre cupidité privée".

Le coopératisme vise à redonner confiance aux jeunes en leur permettant de prendre part aux décisions: un membre, un vote, peu importe le nombre d'actions détenues. Ce concept donne un sentiment d'appartenance, d'indépendance, d'utilité et de responsabilité, à un moment où ces qualités sont indispensables à notre société. Les entreprises possédées par des employés consommateurs, constituent une solution vraiment démocratique ainsi qu'une excellente occasion de développer un sens communautaire.

Il ne sera probablement pas possible de renverser le système capitaliste avec toutes ses aberrations, mais on peut neutraliser ses effets pernicieux en mettant sur pied un nombre croissant d'entreprises coopératives, en commençant au niveau local et par la suite, au niveau des nations. La coopération doit être à la base des activités humaines et elle doit être appliquée, non seulement dans les foyers, mais dans toutes les entreprises. Il faut que les entreprises et les services publics deviennent coopératifs.

Le mouvement coopératif permet à la majorité de participer aux décisions qui les concernent et leur donne l'occasion de devenir maîtres de leur destinée, au lieu de n'être que des marionnettes entre les mains d'une élite toute-puissante. Aucune autre solution, pas même le socialisme d'État, n'offre autant de liberté, d'égalité et de dignité que le coopératisme. Même dans des pays riches, à économie mixte, on retrouve de fortes organisations coopératives qui exercent une influence bénéfique sur l'industrie privée et les cliques de politiciens au service de cette industrie.

Dans le secteur de la consommation, l'effet du coopératisme commence déjà à se faire sentir. Des consommateurs, exaspérés par la hausse des prix des aliments et l'inefficacité des moyens de pression (plaintes, boycottages, piquetages), se tournent de plus en plus vers le coopératisme. De nouveaux regroupements et de nouvelles associations se multiplient un peu partout. Les gens ne font plus confiance au milieu des affaires et encore moins, aux politiciens. Les gens ne croient plus à la publicité sur les aliments et ne croient plus que les gouvernements soient capables de garder les industries à l'oeil.

Les associations d'achat ont des avantages énormes. Elles n'exigent pas de gros investissements et elles peuvent être mises sur pied rapidement. Elles peuvent même fonctionner sans frais d'administration et elles peuvent naître dans des églises, des organismes, des collèges, des regroupements de quartier, etc. Les commerces de détail ne peuvent vaincre les géants de l'alimentation tant qu'ils ne coordonnent pas leurs efforts avec des coopératives agricoles. Cette tâche n'est pas facile car il existe un conflit naturel entre celui qui achète et celui qui vend. L'acheteur veut acheter au plus bas prix tandis que le vendeur veut vendre au meilleur prix possible. Même les coopératives agricoles doivent faire des profits. L'avantage, toutefois, est que la coopérative est considérée comme un service public sans but lucratif: tous les profits étant versés aux membres.

Dans les pays scandinaves, le problème a été résolu grâce à la coopération et la coordination. Plusieurs magasins ont tout simplement fusionné avec les producteurs agricoles pour ne former qu'une seule coopérative. D'autres s'affilient à des producteurs locaux et agissent de concert avec eux. Dans les deux cas, la coopérative agricole jouit d'un marché assuré tandis que les magasins profitent d'une source d'approvisionnement à un prix équitable. Certaines coopératives ont même des succursales.

Les systèmes politiques vont fonctionner seulement lorsque la richesse et le pouvoir ne seront plus concentrés entre les mains d'une infime minorité. Le pouvoir doit venir de la base et non du sommet et seul le coopératisme peut en être la solution. Lorsque tout se fait avec honnêteté, la coordination et la coopération sont grandement facilitées. C'est là un élément indispensable à toutes les activités humaines.


Jean-Claude St-Louis, 29/11/2009

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