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Cinquante nuances de gauche

Investir le PS pour imposer des primaires ouvertes
pour les élections de 2017



L'une des caractéristiques de la gauche française est d'être morcelée, que dis-je émiettée. Ainsi, à côté du Parti Socialiste on trouve :
  • Radicaux de Gauche,
  • Nouvelle Donne,
  • Europe-Ecologie-Les verts,
  • PCF, Parti de Gauche, Fédération pour une alternative sociale et écologique, République et socialisme, Convergences et alternative, le Parti communiste des ouvriers de France, la Gauche anticapitaliste et le mouvement politique les Alternatifs regroupés au sein du Front de Gauche,
  • Gauche Unitaire,
  • Pas moins de trois partis trotskistes : Le Nouveau Parti Anticapitaliste, Lutte ouvrière, le Parti ouvrier indépendant,
  • et une myriade de petites structures, d'extrême gauche, communistes, maoïstes, libertaires, anarchistes, etc.

Malgré toute la bonne volonté des militants, les élections présidentielles et législatives verront encore une fois selon toute vraisemblance la gauche aller devant les urnes en ordre dispersé avec trois, quatre ou cinq candidats. Mais cette fois-ci, opposée, d'une part, à une Marine Le Pen et à un Front National dédiabolisés et ayant le vent en poupe et, d'autre part, à un Nicolas Sarkozy et à ses "Républicains" revanchards et décomplexés, la gauche va se retrouver évincée dès le premier tour, comme en 2002.

Faute d'entente préalable, devons-nous nous résigner à devoir choisir au second tour des élections entre le Bleu marine et le R tricolore. Une entente préalable ne peut, à mon avis, se conclure qu'au moyen d'une primaire ouverte à gauche, la gauche au sens large. Alors, la gauche unie aura toutes ses chances face aux deux formations de droite et d'extrême droite.

Mais, au PS, les jeux semblent déjà faits, si toutefois la courbe du chômage daigne s'inverser. François Hollande sera le candidat de la droite de la gauche et obtiendra au mieux 20% des suffrages au premier tour. Il arrivera en troisième ou quatrième position et pourra se retirer en Corrèze pour méditer sur son quinquennat ou écrire ses mémoires. S'il renonce à se présenter, une primaire au sein du PS, élargie pour l'occasion à quelques formations satellites sera certainement organisée comme en 2012. Il est cependant peu probable que la gauche de la gauche située hors du PS puisse et veuille se joindre à cette sélection. On se retrouvera alors dans un cas de figure quasi-identique au précédent.

Que faire donc ? On peut entrevoir deux scénarios :
  1. Que tous les partis de gauche réclament au Parti socialiste l'organisation avec lui d'une primaire ouverte à gauche, l'obtiennent et renoncent à leur propre candidature.

  2. Si cette primaire élargie à la gauche n'est pas possible, que les militants ou sympathisants de tous les partis de gauche s'inscrivent massivement au Parti socialiste pour l'obliger, de l'intérieur et démocratiquement, à organiser de telles primaires.

L'heure est grave. Le FN risque en 2017 d'être aux portes de l'Elysée et d'entrer massivement à l'Assemblée nationale, voire au gouvernement si "Les Républicains" décident de s'associer à eux s'ils n'ont pas de majorité absolue.

"Paris vaut bien une messe" a dit le roi Henri IV.

Le désastre politique qui s'annonce pour la gauche vaut bien de s'asseoir sur quelques ego de politiciens et de mettre en sourdine des postures idéologiques aujourd'hui suicidaires.
Si les dirigeants politiques de la gauche ne parviennent pas à se mettre d'accord sur des primaires ouvertes à gauche, alors c'est aux simples citoyens d'investir le PS et de le convaincre de l'intérieur, par effet de masse, d'organiser de telles primaires.


Pierre Tourev, 10/09/2015



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