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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Rasoir d'Ockham

ou principe de parcimonie


"Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?"


Définition du rasoir d'Ockham


Le rasoir [1] d'Ockham (ou Occam), connu aussi sous le nom de principe de simplicité, principe d'économie ou de principe de parcimonie est un principe de raisonnement, énoncé par le franciscain d'origine anglaise Guillaume d'Ockham (1285-1347), selon lequel il ne faut pas multiplier les entités (les hypothèses, les notions) sans nécessité. C'est-à-dire qu'il est inutile de chercher une explication compliquée, faisant appel à des principes hors du champ de l'expérience (essences des universaux [2], volonté divine, miracle, extra-terrestres...), quand une explication simple, à partir de ce que nous connaissons déjà, suffit à rendre compte d'un phénomène qui se manifeste à nos sens.

Guillaume d'Ockham rejette donc les concepts de substance, de cause efficiente, de puissance..., c'est-à-dire tout ce qui, sous prétexte de mieux comprendre la réalité, ne fait que l'obscurcir sous un voile métaphysique. Le principe de parcimonie de la pensée, de l'élégance des solutions est un des principes de la logique et de la science moderne et fait de Guillaume d'Ockham un précurseur de l'empirisme anglais.

Le rasoir d'Ockham en science

Le rasoir d'Ockham est un des principes utilisés en science pour l'élaboration d'une théorie et pour le choix entre différentes solutions possibles. Face à un nombre infini de thèses pouvant expliquer un phénomène ou un ensemble de données, il donne une méthode indispensable pour construire un modèle théorique à partir de ce qui est connu et écarter toute construction métaphysique.

On pourrait formuler le rasoir d'Ockham de la manière suivante :
"Quand on dispose de plusieurs thèses en compétition qui permettent de prédire exactement les mêmes choses et qu'on ne peut les départager, la plus simple est la meilleure... jusqu'à preuve du contraire."
Un des plus célèbres exemples de son utilisation est la théorie de la relativité restreinte d'Albert Einstein par rapport à celle de Hendrik Lorentz selon laquelle les règles se contractent et les horloges ralentissent lors d'un mouvement dans l'éther. Albert Einstein et Henri Poincaré ont montré que la notion d'éther n'apportait rien et devait donc être éliminée, les équations de transformation de l'espace-temps d'Einstein donnant les mêmes résultats sans cette notion d'éther.
Le principe du rasoir d'Ockham n'est pas une loi ou un principe scientifique absolu, car la solution la plus simple n'est pas toujours la bonne, mais la pratique a montré qu'il était très utile pour choisir quelle conjecture doit être étudiée en priorité. N'étant pas valable dans tous les cas, il doit donc être utilisé à bon escient. Albert Einstein l'a reformulé de la manière suivante : "On devrait tout rendre aussi simple que possible, mais pas plus".


Le rasoir d'Ockham est une méthode de discernement en esprit critique, particulièrement utile pour l'analyse d'une théorie du complot. Elle ne doit pas être interprétée comme une apologie de la simplification, mais comme une incitation à ne pas complexifier ce qui n'a pas lieu de l'être.



Notes :
  1. Le terme rasoir indique que l'on coupe de près les fils des "entités" d'un raisonnement métaphysique. Il semblerait que ce soit Etienne Bonnot de Condillac (1715 -1780) qui, en 1746, utilisa pour la première fois l'expression "rasoir des nominaux" dans une note en bas de page de "Origine des Connaissances Humaines".

  2. Pour Guillaume d'Ockham, philosophe, logicien et théologien anglais excommunié, la connaissance s'appuie sur les choses sensibles et singulières. Dans sa vision nominaliste, les universaux (concepts universels et abstraits comme "humanité", "animal", "beauté"...) sont de simples mots pour permettre à la pensée de se constituer.



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