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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Radicalisme



Définition du radicalisme


Etymologie : de l'anglais radicalism, attitude intransigeante, du latin radicalis, qui se rattache à la racine, dérivé de radix, racine.

Etymologiquement, le radicalisme est une attitude intellectuelle consistant à reprendre les questions à partir du commencement, à leur racine.

A l'origine, le radicalisme désigne, en Grande-Bretagne, la doctrine politique de ceux qui, comme Jeremy Bentham (1748-1842), David Ricardo (1772-1823), John-Stuart Mill (1806-1873), prônent des réformes libérales extrêmes dans l'organisation sociale du pays. Fondé sur le principe du "plus grand bonheur pour le plus grand nombre" le radicalisme anglais aboutit notamment au suffrage universel en 1867.

Le radicalisme en France

En France, le mot radical est apparu en 1840 pour désigner les républicains hostiles à la Monarchie de Juillet. Héritiers de la Révolution, avec leur chef de file, Ledru-Rollin (1807-1874), les radicaux militent pour l'instauration du suffrage universel, la liberté, l'égalité et la laïcité.

Sous le second Empire, les radicaux incarnent l'opposition républicaine réclamant un suffrage universel véritable et non détourné au profit d'un homme comme l'a fait Napoléon III. Ils restent cependant méfiants vis à vis des théories socialistes et défendent la propriété, garante de la liberté et de la dignité humaine. Les principaux hommes politiques radicaux sont alors Léon Gambetta (1838-1882) et Georges Clemenceau (1841-1929).
"Etre Radical, c'est vouloir que la République, appuyée sur le suffrage universel, ait pour but l'amélioration morale, intellectuelle et physique du sort de tous."
Louis Blanc – 1811-1882
Après avoir pris la défense d'Alfred Dreyfus, les radicaux voient, avec le soutien des petits notables de Province, leur électorat quadrupler lors des élections de 1898. Ce succès permet, en 1901, la création du Parti républicain radical et radical-socialiste (Parti radical).

Bien que farouchement opposé au collectivisme, le radicalisme défend cependant les plus modestes et propose de nationaliser les chemins de fer et les sources d'énergie, d'instaurer l'impôt sur le revenu. Leur victoire aux élections de 1902 leur permet de réaliser leur projet de laïcité avec la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat.

Leur victoire en 1924 amène Edouard Herriot (1872-1957) à la tête du gouvernement (Cartel des Gauches). En 1936, le Parti radical constitue l'aile droite du Front populaire, mais la hardiesse des réformes le conduit à provoquer la chute du gouvernement de Léon Blum en 1937.

Ayant perdu de son influence après la fin de la guerre, le Parti radical se retrouve au centre de l'échiquier politique avant d'être marginalisé sous la Ve République et d'éclater en 1972 (création du MRG).



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