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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Enarchie



Définition de l'énarchie


Etymologie : du sigle ENA (Ecole Nationale de l'Administration) et du grec arkhê, pouvoir, commandement.

L'énarchie désigne, avec une connotation péjorative, le pouvoir et l'influence prêtés aux anciens élèves de l'ENA dans la haute fonction publique.

Le terme "énarchie" a été créé par Jean-Pierre Chevènement dans son ouvrage "L'Énarchie ou les Mandarins de la société bourgeoise", publié en 1967 sous le pseudonyme de Jacques Mandrin. Il correspond à une oligarchie où tous les postes-clés sont occupés par d'anciens membres de l'ENA, que ce soit dans la haute administration, dans les cabinets ministériels, dans les ambassades ou dans les entreprises publiques ou privées.

L'énarchie est présentée comme étant le symbole de l'Etat colbertiste et jacobin.
Exemples de reproches faits à l'énarchie :
  • être à l'origine du déclin de la France,
  • monopoliser l'information,
  • entraver l'action du Parlement par les décrets d'application biaisant les lois,
  • être un frein à l'initiative en étant à la tête d'une administration pléthorique.

Créée en 1945 et placée sous la direction Michel Debré, l'ENA devait être le reflet d'une nouvelle conception de l'administration et former les futurs décideurs de l'Etat. Ce n'est qu'en 1974, avec l'élection de Valérie Giscard d'Estaing que l'énarchie semble s'installer durablement en France.

"Et contre l'inflation, que faites-vous ? Je crée une commission d'études. Les problèmes de conversion ? Je crée un groupement d'études. Le problème du logement ? Je crée une commission d'études."
L'Énarchie ou les Mandarins de la société bourgeoise - Jacques Mandrin - 1967



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