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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Démondialisation



Définition de démondialisation


Etymologie : mot composé du préfixe de cessation dé- et de mondialisation, issu du latin mundus, univers.

Etymologiquement, la démondialisation est le fait de démondialiser, c'est-à-dire de faire perdre son caractère mondialisé à quelque chose.

L'origine du mot "démondialisation" est attribuée à Walden Bello, sociologue philippin qui a publié en 2002 un livre intitulé "Deglobalization, ideas for a New World Economy". Le mot y est utilisé pour dénoncer les pouvoirs exorbitants des institutions internationales comme le FMI ou l'OMC avec une critique ferme du libre-échange et de la dérèglementation financière et pour prôner un modèle alternatif.

En France, le terme "démondialisation" est apparu dans le discours politique avec la parution de l'ouvrage "Démondialisation" de Jacques Sapir en 2011, puis avec celle de "Votez pour la démondialisation !" d'Arnault Montebourg la même année. Depuis, aucune définition précise et consensuelle n'émerge, chaque utilisateur donnant à ce terme le sens qui lui permet d'illustrer la nouvelle organisation mondiale qu'il défend.

Généralement, le concept de démondialisation renvoie à des actions politiques, économiques ou financières mises en oeuvre pour réduire les effets néfastes du libre-échange et du néolibéralisme et de ramener l'économie à une échelle plus locale, sans toutefois mettre fin au commerce mondial, ni vivre en autarcie. Il prend le contre-pied de l'affirmation selon laquelle "la mondialisation est incontournable".
Synonyme : déglobalisation.

La mise en oeuvre de la démondialisation peut prendre, selon les auteurs, diverses formes, plus ou moins complémentaires :
  • protectionnisme ciblé (ou différencié) avec l'instauration de taxes douanières plus élevées pour tenir compte notamment du coût écologique et social des marchandises,
  • mesures anti-dumping,
  • relocalisation de la production et des emplois sur le territoire,
  • réductions des transports de marchandises sur de très longues distances dans un souci de cohérence environnementale,
  • régulation des activités financières (exemple : taxe Tobin) et réintroduction de contrôles de capitaux afin de réduire l'emprise de la finance sur l'économie mondiale,
  • passage de la monnaie unique à une monnaie commune, voire sortie de la zone euro qui est la question la plus controversée parmi les défenseurs de la démondialisation.

Les critiques faites à la rupture que serait la démondialisation mettent en avant la sous-estimation de ses conséquences néfastes, notamment les risques de rétorsion et d'isolement d'un pays pratiquant seul le protectionnisme ainsi que, compte tenu du niveau d'endettement de la France, la méfiance des prêteurs si l'on définanciarise l'économie.
"Le discours de la démondialisation mérite bien les reproches qui lui ont été adressés : c'est un discours riche en critiques, faible en substance. Il sonne agréablement à l'oreille de certains, mais il se borne à flatter les illusions. De telles flatteries ne sont pas de bonne politique, elles ne font que préparer les désillusions du lendemain."
Jacques Mistral, directeur des études économiques à l'IFRI - Alternatives Economiques n° 307 - novembre 2011
La démondialisation trouve aussi des opposants chez les altermondialistes qui ne rejettent pas la mondialisation mais la mondialisation néolibérale et capitaliste et qui refusent le "repli national". Ils considèrent la démondialisation comme "un concept superficiel et simpliste. (La démondialisation, un concept superficiel et simpliste - Blog Médiapart - par 9 membres du Conseil scientifique d'Attac - 6 juin 2011)



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