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"Toupictionnaire" : le dictionnaire de politique


Cabinet noir



Définition de cabinet noir


Etymologie :
  • Cabinet : de cabine, venant de cabane, du latin capanna, cabane.
  • Noir : du latin niger, noir, de couleur noire, sombre.

Au sens littéral, un cabinet noir est une petite pièce sans fenêtre.
Exemple : une chambre noire utilisée pour la photographie argentique.

Au sens figuré, sous l'Ancien régime, un cabinet noir était un service de renseignement, qui, sur ordre du gouvernement, était chargé de la surveillance de certains courriers notamment d'hommes politiques. Ils ont été mis en place dans la plupart des pays européens dès la création des postes royales. En France, il a pris de l'importance sous Richelieu et ne disparut qu'après le Second Empire. Son objectif était de repérer et censurer les opposants politiques et de surveiller les correspondances diplomatiques et militaires.

Les cabinets noirs sous la Ve République

Depuis le début de la Ve République, l'existence de "cabinets noirs" a été dénoncée à de multiples reprises, sous toutes les présidences. Le pouvoir exécutif a toujours tenté de justifier ce système officieux de renseignement par "l'intérêt de l'Etat" :
Dernier exemple en date : En mars 2017, le candidat à l'élection présidentielle François Fillon a accusé le président de la République François Hollande d'utiliser un "cabinet noir" pour tenter de nuire à sa campagne électorale et le décrédibiliser.

Associant des membres des services de renseignement, de la police et de la justice, ces "cellules" seraient utilisées, pour :
  • protéger la vie privée du président,
  • écarter des adversaires politiques,
  • étouffer certaines affaires gênantes,
  • en lancer d'autres au moment opportun,
  • allumer des contre-feux en s'appuyant sur les médias, les services fiscaux et la justice,
  • etc.

Exemples de moyens utilisés :
  • écoutes téléphoniques illégales,
  • écoutes dites administratives ou de sécurité (qui sont protégées par le secret-défense),
  • perquisitions clandestines,
  • filatures,
  • intimidations,
  • pressions pour faire activer des procédures judiciaires,
  • lancements de rumeurs,
  • interceptions de conversations téléphoniques ou de messages électroniques.



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