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"Tourpilles", le recueil de citations


Le nouvel ordre prolétaire

Le modèle social français face à l'insécurité économique

Jacques Rigaudat

Editions Autrement, Paris - 2007



"Le paupérisme. Il forme désormais l'une des toiles de fond du paysage contemporain. La misère n'est plus un malheureux accident, un résidu, un scandale que l'on peut espérer faire et voir disparaître ; elle fait partie intégrante - et indispensable - du fonctionnement de notre société."
Jacques Rigaudat - Le nouvel ordre prolétaire - page 18 - 2007

"La mobilité sociale n'est pas une espérance qui serait aujourd'hui perdue, elle a toujours été une espérance largement illusoire."
Jacques Rigaudat - Le nouvel ordre prolétaire - page 31 - 2007

"Qu'il faille encore s'efforcer de convaincre de la réalité de l'immobilité sociale, alors qu'il s'agit là d'un fait patent et de longue date établi, montre bien que l'existence supposée de l'ascension relève d'un mythe particulièrement tenace : celui de l'égalité des chances."
Jacques Rigaudat - Le nouvel ordre prolétaire - page 33 - 2007

"La condition précaire n'est plus une réponse à des problèmes conjoncturels, mais un mode général de gestion de la main-d'oeuvre."
Jacques Rigaudat - Le nouvel ordre prolétaire - page 91 - 2007

"Dès lors qu'il dénie [...] le poids de la détermination sociale dans la position qu'ils occupent ou visent à occuper, les membres de l'élite salariale [...] n'ont guère l'occasion de douter de leurs propres mérites. Forts de leurs expériences, ils ont au contraire toute raison de penser que ceux qui ne peuvent parvenir à leur position échouent par incapacité ou absence de volonté personnelles."
Jacques Rigaudat - Le nouvel ordre prolétaire - page 96 - 2007

"Dans cette remise en cause généralisée, ce qui s'affirme est un modèle particulier, un modèle libéral, qui vise à revenir aux fondamentaux du capitalisme originel en faisant de la force de travail une marchandise vraiment parmi d'autres. C'est lui désormais qui s'installe en Europe.
Ce qui le caractérise, c'est moins la flexibilité qu'il requiert - c'est-à-dire sa capacité à ne prendre de la force de travail que ce dont il a besoin - que la précarité qu'il engendre. En détruisant les protections collectives établies, il ne veut connaître que des individus, pour d'ailleurs mieux les laisser, autonomes qu'ils sont supposés être, seuls et nus face à l'insécurité économique."

Jacques Rigaudat - Le nouvel ordre prolétaire - page 174 - 2007

"Polarisée sur les conditions de la concurrence en son sein, l'Union [européenne] a mené une politique d'ouverture très large de ses frontières, qui l'a conduite à admettre sur son territoire des biens et des services produits dans des circonstances qu'elle n'accepterait pas chez elle. Plutôt que d'en demeurer à cette seule recherche du plus bas prix possible de vente à l'extérieur, il lui serait loisible d'établir des règles sociales applicables chez les fournisseurs de l'Union. Il est pour le moins paradoxal que des normes minimales techniques soient imposées aux produits importés afin de protéger les consommateurs, alors qu'aucune règle sociale minimale ne l'est."
Jacques Rigaudat - Le nouvel ordre prolétaire - page 180 - 2007

"Les consommateurs détiennent un pouvoir dont ils usent trop peu. Ainsi du boycott, qui pourrait être organisé sur la base de la mobilisation des opinions, grâce à la reconnaissance au niveau international d'une "clause de sauvegarde" quand leurs intérêts sociaux, environnementaux et sécuritaires sont menacés."
Jacques Rigaudat - Le nouvel ordre prolétaire - page 181 - 2007

"La flexibilité externe pourrait être rendue plus coûteuse pour les entreprises, selon un principe bien connu lorsqu'il est appliqué à la pollution : "les précarisateurs" seront les payeurs. Les cotisations sociales des employeurs - chômage et retraite - doivent donc être modulées en fonction de la nature et de la durée du contrat de travail. La règle générale est simple : des cotisations directement proportionnelles à la précarité encourue et inversement proportionnelles à la sécurité procurée."
Jacques Rigaudat - Le nouvel ordre prolétaire - page 184 - 2007

"Dans cette précarité où les difficultés du présent oblitèrent l'avenir, les qualités propres des personnes sont ignorées, déniées, bafouées. La détermination sociale y prévaut et apparaît dans toute sa cruauté. Pour ceux-là qui s'y trouvent enfermés, les illusions de réussite individuelle perdues, ne restent plus que des destins de classe."
Jacques Rigaudat - Le nouvel ordre prolétaire - page 193 - 2007



>>> Présentation du livre Le nouvel ordre prolétaire



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