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"Tourpilles", le recueil de citations


Evolution & Révolution

Elisée Reclus

Editions Le passager clandestin - 2008



"L'option révolutionnaire se fonde sur le constat d'échec d'un changement lent, "continu et graduel" de la société (option proposée par les évolutionnistes, ceux qui "veulent éviter toute révolution". La minorité qui possède tout ne se laisse pas encercler par une succession de petites réformes qui grignoteraient son pouvoir. Pour que les réformes aboutissent et s'appliquent, il ne peut y avoir de "miracle" et de "magie", il faut envisager le moment "où le craquement de la rupture se produira entre le monde passé et le monde futur", c'est-à-dire le moment où la confrontation entre deux classes est devenue insupportable."
Olivier Besancenot - Préface de "Evolution & Révolution" d'Elisée Reclus, 2008, page 13

"C'est une classe qui a fait la Réforme et qui en a recueilli les avantages, c'est une classe qui a fait la Révolution française et qui en exploite les profits, mettant en coupe réglée tous les malheureux qui l'ont servie pour lui procurer la victoire."
Elisée Reclus - 1830-1905 - Evolution & Révolution - 2008, page 43

"Nous n'acceptons pas de vérité promulguée : nous la faisons nôtre d'abord par l'étude et par la discussion et nous apprenons à rejeter l'erreur, fut-elle mille fois estampillée et patentée. Que de fois, en effet, le peuple ignorant a-t-il dû reconnaître que ses savants éducateurs n'avaient d'autre science à lui enseigner que celle de marcher paisiblement et joyeusement à l'abattoir, comme ce boeuf des fêtes que l'on couronne de guirlandes en papier doré."
Elisée Reclus - 1830-1905 - Evolution & Révolution - 2008, page 49

"L'histoire, si loin que nous remontons dans le passé, si diligemment que nous étudions autour de nous les sociétés et les peuples civilisés ou barbares, policés ou primitifs, l'histoire nous dit que toute obéissance est une abdication, que toute servitude est une mort anticipée ; elle nous dit que tout progrès s'est accompli en proportion de la liberté, de l'égalité et de l'accord spontané des citoyens. Tout siècle de découvertes, nous le savons, est un siècle pendant lequel le pouvoir religieux et politique se trouvait affaibli par les compétitions, et où l'initiative humaine avait pu trouver une brèche pour se glisser, comme une touffe d'herbes croissant à travers les pierres descellées d'un palais."
Elisée Reclus - 1830-1905 - Evolution & Révolution - 2008, page 49

""La force règne !" disent les soutiens de l'inégalité sociale. Oui, c'est la force qui règne ! s'écrie de plus en plus l'industrie moderne dans son perfectionnement féroce. Mais ce que disent les économistes, ce que disent les industriels, les révolutionnaires ne pourront-ils le dire aussi, tout en comprenant qu'entre eux l'accord pour l'existence remplacera graduellement la lutte pour l'existence ? La loi du plus fort ne fonctionnera pas toujours au profit du monopole industriel."
Elisée Reclus - 1830-1905 - Evolution & Révolution - 2008, page 66

"Dans aucune des révolutions modernes, nous n'avons vu les privilégiés combattre leurs propres batailles. Toujours ils s'appuient sur des armées de pauvres auxquels ils enseignent ce que l'on appelle "la religion du drapeau" et qu'ils dressent à ce que l'on appelle "le maintien de l'ordre"."
Elisée Reclus - 1830-1905 - Evolution & Révolution - 2008, page 67

"Jamais financier ne s'est dit : "C'est assez ! Je ne veux plus de millions !" Et même s'il avait la sagesse de modérer ses vœux, le milieu dans lequel il se trouve travaillerait pour lui : les capitaux continuent d'enfanter des revenus comme des mères Gigogne. Dès qu'un homme est nanti d'une autorité quelconque, il veut en user et sans contrôle ; il n'est geôlier qui ne tourne sa clé dans la serrure avec un sentiment glorieux de sa toute puissance, d'infime garde-champêtre qui ne surveille la propriété des maîtres avec une haine sans borne contre le maraudeur ; de misérable huissier qui n'éprouve un souverain mépris pour le pauvre diable auquel il fait sommation."
Elisée Reclus - 1830-1905 - Evolution & Révolution - 2008, page 73

"Les hommes d'en haut raccourcissent leur domaine et leur espoir à mesure que nous, les révoltés, nous prenons possession de l'univers et agrandissons nos cœurs. Nous nous sentons camarades de par la Terre entière, de l'Amérique à l'Europe, de l'Europe à l'Australie ; nous nous servons du même langage pour revendiquer les mêmes intérêts et le moment vient où nous aurons spontanément la même tactique, un seul mot de reconnaissance. Notre armée se lèvera de tous les coins du monde."
Elisée Reclus - 1830-1905 - Evolution & Révolution - 2008, page 88

"La force de l'anarchisme réside justement dans son refus, qu'impose la construction d'une doctrine, de figer des principes. Si l'anarchisme a pu rassembler de larges pans du mouvement ouvrier européen au XIXe siècle et si une telle théorie politique permet aujourd'hui l'analyse des faits sociaux, c'est justement parce qu'elle ne constitue pas une doctrine."
Silvio Gallo - 1830-1905 - "Anarchisme et philosophie de l'éducation" dans "Evolution & Révolution" - 2008, page 96

"L'action directe anarchiste se traduit principalement dans les activités de propagande et d'éducation destinées à réveiller dans les masses la conscience des contradictions sociales auxquelles elles sont soumises."
Silvio Gallo - 1830-1905 - "Anarchisme et philosophie de l'éducation" dans "Evolution & Révolution" - 2008, page 98




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