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"Tourpilles", le recueil de citations


Decrescendo cantabile :

Petit manuel pour une décroissance harmonique

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Jean-Claude Besson-Girard

Editions Parangon - 2005



"Faire de l'argent et toujours plus, voire faire de l'argent avec de l'argent, sans limite. C'est ce qui est proposé à tous et que peu ont les moyens d'accomplir, sans meubler beaucoup l'âme des uns et des autres. Peut-être cela aide-t-il les gagnants à oublier la mort, mais celle, massive de leurs victimes est la pour leur rappeler à tout moment la vanité de ce divertissement. Ce totalitarisme de l'économie débouche à court terme sur son suicide et peut-être celui de l'humanité elle-même."
Serge Latouche - Préface de Decrescendo cantabile de Jean-Claude Besson-Girard, 2005, page 10

"Le discours publicitaire, qui envahit tout [...], banalise la vision pan-économique du monde et la pousse à l'absurde en la déréalisant. En prétendant donner sens à la vie, il en manifeste le non-sens. Les mots ne servent plus qu'à faire vendre. Quand ils visent à faire rêver dans l'univers des médias, ce n'est pas pour nous plonger dans l'euphorie poétique mais bien plutôt dans le délire consumériste; les objets de consommation de masse ne sont plus l'instrument et l'objectif d'un art de vivre, mais le combustible d'une pulsion obsessionnelle dont nous devenons toxico-dépendants. Toutefois, la rupture des chaînes de la drogue sera d'autant plus difficile qu'il est de l'intérêt des trafiquants (en l'espèce la nébuleuse des firmes transnationales) de nous maintenir dans l'esclavage, et que les drogués préfèrent soutenir leur dealers que consulter leurs médecins."
Serge Latouche - Préface de Decrescendo cantabile de Jean-Claude Besson-Girard, 2005, page 12

"La stratégie de l'ordre des marchands consiste donc, avec la complicité consciente ou inconsciente de ceux qu'elle a gagné à sa thèse, à faire croire à l'ensemble de la population du monde que sa "mercantilisation" est achevée et que toute résistance est inutile et néfaste, dans l'intérêt de chacun."
Jean-Claude Besson-Girard - Decrescendo cantabile, 2005, page 53

"Plus l'esprit humain est marqué par les conventions et plus il obéit à des conformismes, plus sa foi ou sa croyance sont littérales, plus il est fermé au symbole et à la nécessité de la fonction symbolique, et moins il est capable d'en apercevoir et d'en pénétrer le sens dans une expérience vivante. Il demeurera inévitablement attaché au signe seul et contribuera à accroître la confusion qui règne au sujet de la définition et de l'usage du symbole."
Jean-Claude Besson-Girard - Decrescendo cantabile, 2005, page 61

"L'ultime propagande de notre époque techno-suffisante et info-mondialisée, douée d'une puissance de reproduction quasi autonome se résume par le slogan planétaire : "Je vends, j'achète, donc je suis!""
Jean-Claude Besson-Girard - Decrescendo cantabile, 2005, page 62

"La croissance économique se mesure universellement par une progression annuelle du produit intérieur brut (PIB) d'un pays donné. Thermomètre récurrent de la fièvre productiviste et consumériste, cette mesure, calculée en pourcentage, exclut des paramètres de son calcul tout ce qui pourrait en contredire la fonction."
Jean-Claude Besson-Girard - Decrescendo cantabile, 2005, page 72

"La croissance économique s'est construite sur le clonage des marchandises, qui est la préfiguration du clonage humain, la frontière entre matière inanimée et organisme vivant tendant à s'abolir. La relation entre demande et offre économique s'est inversée. L'offre doit précéder la demande afin de créer sans cesse des besoins nouveaux justifiant la fabrication toujours croissante des produits qui en sont la matérialisation éphémère. La guerre économique s'est traduite en conquêtes de parts de marché qui ne concernent plus seulement les matières et les territoires à conquérir, mais les esprits à soumettre. La soumission des esprits par la propagande publicitaire est l'objectif de la guerre de l'information à l'échelle mondiale."
Jean-Claude Besson-Girard - Decrescendo cantabile, 2005, page 79

"L'économie n'est pas la réalité. Elle n'est qu'une réduction monstrueuse de nos existences à un plan comptable. Cette monstruosité cache l'horizon tout entier. L'économie n'a pas de réalité et c'est d'elle dont devrait dépendre nos vies ? Nos vies sont liées au pain que l'on a pétri, que l'on mange, au pain que l'on partage et au champ d’où proviennent les grains. L'économie ne mesure pas les vraies richesses, elle comptabilise nos pertes d'humanité."
Jean-Claude Besson-Girard - Decrescendo cantabile, 2005, page 82

"En général, la perception de la différence sensible entre un objet de fabrication industrielle ou celui d'origine artisanale advient dans la comparaison entre objets de cette dernière provenance. Aucun d'eux n'est strictement identique, quelle que soit l'habileté de l'artisan dans son métier. Et c'est justement ce caractère non identique d'un objet à l'autre qui nous touche. C'est la trace d'une imperfection qui fait sens. C'est la marque d'une impossibilité positive de reproduction à l'identique, nous renvoyant à la notre en la valorisant. A contrario, la reproduction clonée des objets industriels nous inquiète parce qu'elle nous renvoie à l'indifférenciation que nous redoutons pour nous-même par rapport à nos semblables."
Jean-Claude Besson-Girard - Decrescendo cantabile, 2005, page 101



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