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"Toupival" de la chanson engagée


Le petit crucifié

(1896)



Paroles : René Esse.
Musique : Alfred S..

Le patriotisme et le martyr d'un enfant pendant l'occupation de l'Alsace par l'Allemagne entre 1870 et 1918.


Le petit crucifié

C'était tout au fond de l'Alsace
Sous le pauvre toit d'un hameau
Où l'aigle noir a pris la place
Des couleurs de notre drapeau
Là vivaient l'époux et la femme
Avec leurs fils, bambin charmant
Mais le père, comme un infâme
Accepta le joug allemand
    Refrain (bis)
    Et malgré son enfance
    En dépit du vainqueur
    L'enfant aimait la France
    Dans son tout petit cour
La mère avait l'âme française
À son enfant en le berçant
Elle apprenait la Marseillaise
Lorsque le père était absent
Elle lui disait d'une voix fière :
"Quand tu seras grand, mon Louis
Tu repasseras la frontière
Pour servir ton ancien pays !"
    Refrain (bis)
    "Oh ! oui, mère chérie"
    Disait-il tendrement
    "J'aime tant ma patrie
    C'est aussi ma maman."
Un jour rentrant à l'improviste
Le père, dans un coin obscur
Voit son fils, petit artiste
Faisant des dessins sur le mur
Et c'était des braves, des braves,
Qu'il dessinait, le cher enfant
Des Turcos, des chasseurs, des Zouaves
"Ah !, dit-il, que fais-tu là, brigand ?"
    Refrain (bis)
    L'enfant répond au traître :
    "Des soldats triomphants !
    C'est ce que je veux être
    Lorsque j'aurai vingt ans."
L'homme, d'une voix abrutie
Dit : "Je suis Allemand, tu sais
Tu vas voir comment je châtie
Quiconque ose aimer les Français."
L'attachant avec une corde
Ce vil serviteur des Germains,
Contre un mur, sans miséricorde
Lui cloua les pieds et les mains
    Refrain (bis)
    Et malgré sa souffrance
    L'enfant malgré ses pleurs
    Disait : "Vive la France
    France, pour toi je meurs"
Enfin, à ses appels suprêmes,
La patrouill' accourt. Ô stupeur !
Les soldats allemands eux-mêmes
Semblent pétrifiés d'horreur
Le couvrant de baisers, sa mère
Dans ses bras l'emporte en pleurant
Et l'enfant fermant sa paupière
Disait encore en expirant :
    Refrain (bis)
    Adieu, France que j'aime
    Adieu, je vais mourir
    Mais je t'aime quand même
    Jusqu'au dernier soupir



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