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"Toupinoscope", les biographies de la Toupie



Germaine Tillion


Ethnologue et résistante française

1907 - 2008




Biographie de Germaine Tillion


Germaine Tillion, née à Allègre (Haute Loire) est la fille d'un magistrat et de l'écrivain Emilie Tillion. Elle grandit dans un milieu épris de culture, suit des études supérieures et sort diplômée de l'Institut d'Ethnologie en 1932. Sa thèse, dont le sociologue et anthropologue Marcel Mauss (1872-1950) est le directeur, la conduit à effectuer quatre séjours en Algérie, entre 1934 et 1940 pour étudier l'ethnie berbère des Chaouis.

Pendant l'Occupation allemande, durant la Seconde Guerre mondiale, Germaine Tillion participe à la résistance et devient chef de la filière d'évasion de prisonniers de guerre fondée par le colonel Hauet, dénommée après la guerre "groupe du musée de l'Homme". Après l'arrestation de presque tous ses camarades, elle rejoint le réseau Gloria qui avait pour mission de recueillir des informations militaires pour le compte des britanniques. Infiltré par l'abbé Robert Alesch, le groupe est démantelé. Germaine Tillion est arrêtée puis déportée à Ravensbrück. Grâce à l'intervention du diplomate suédois Folke Bernadotte elle peut, avec d'autres détenues de Ravensbrück, être transportée en Suède et y être soignée.

Après sa libération, Germaine Tillion crée une équipe de déportés afin de rassembler et de classer tous les documents sur l'histoire du camp de Ravensbrück. En 1947, elle reçoit le prix Pulitzer pour ses actes héroïques pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle réalise des enquêtes sur les crimes de guerre nazis ainsi que sur les camps de concentration soviétiques de 1945 à 1954.

Directrice d'études à la sixième section de l'École pratique des hautes études, Germaine Tillion réalise différentes missions scientifiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Elle s'engage également dans différents combats politiques :
    - pour l'enseignement dans les prisons,
    - contre la clochardisation du peuple algérien,
    - contre la torture pratiquée par l'armée française en Algérie,
    - pour l'émancipation des femmes de Méditerranée.

Grand-croix de la Légion d'honneur, en 1999, Germaine Tillion fait partie des quatre personnalités désignées en 2014 par François Hollande pour rejoindre le Panthéon.
"Au terme de mon parcours je me rends compte combien l'homme est fragile et malléable. Rien n'est jamais acquis. Notre devoir de vigilance doit être absolu. Le mal peut revenir à tout moment, il couve partout et nous devons agir au moment où il est encore temps d'empêcher le pire".
Germaine Tillion - Ravensbrück - 1973



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