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Eviter les pièges de la pensée : Les biais cognitifs


Sophisme




"Un sophisme est un raisonnement fallacieux, malgré une apparence de vérité [...],
"Présenté comme une démonstration rigoureuse et logique, un sophisme est en réalité faux car incomplet ou ambigu. Il est constitué d'une ou plusieurs prémisses vraies ou prétendues vraies, agencées dans un raisonnement séduisant mais erroné, qui ne respecte pas les règles de la logique, même si la conclusion est vraie. Les sophismes sont difficiles à réfuter si l'on ne maîtrise pas la logique."
(Extrait de la définition du sophisme)

Le sophisme n'est pas à proprement parler un biais cognitif car il n'est pas systématique et qu'il y a une volonté de tromper son ou ses interlocuteurs, contrairement au paralogisme où le raisonnement est faux mais où celui qui s'exprime est de bonne foi.

Exemple :
  • Un fainéant ne travaille pas,
  • Un chômeur ne travaille pas,
  • Donc un chômeur est un fainéant.

    Ce raisonnement est faux, car en logique si B implique A et C implique A, on ne sait rien de la relation entre B et C, si ce n'est qu'ils ont tous les deux A comme conséquence ou caractéristique. Ici, effectivement la caractéristique commune d'un fainéant et d'un chômeur, c'est de ne pas travailler, mais on peut être fainéant sans être chômeur et inversement être chômeur sans être fainéant.

John Stuart Mill (1807-1873), philosophe empiriste et économiste anglais, a défini une classification des sophismes en 4 groupes :
  • sophisme de simple inspection ou sophisme a priori lorsque la proposition est acceptée par tous et ne nécessite aucune preuve.

  • sophisme d'observation où l'on tire des conclusions erronées à partir d'une négligence de faits particuliers ou d'une mauvaise observation (cf. biais de disponibilité).

  • sophisme de généralisation où, à partir d'un seul ou quelques cas particuliers, on généralise, sans avoir analysé l'ensemble des cas ou à défaut un échantillon représentatif. (Cf. Problème de l'induction et biais de représentativité)

  • sophisme par confusion où l'on aboutit à une conclusion erronée à partir d'une mauvaise interprétation et appréciation des preuves.

Sophisme de division

"En l'épidémiologie, l'illusion des séries est connue sous le nom de sophisme du tireur d'élite Texan. Kahneman et Tversky l'ont appelé "croyance dans la loi des petits nombres" parce qu'ils ont identifié l'illusion des séries et le sophisme consistant à supposer que le modèle d'une population importante se reproduira dans tous ses sous-ensembles. En logique, ce sophisme est connu sous le nom de sophisme de division, la supposition que les parties doivent avoir les mêmes propriétés que le tout." (sceptiques.qc.ca)

Exemple :
    Subir deux vols dans la même année, nous fera dire qu'il y a une explosion de la délinquance dans le pays. Or, ce raisonnement est erroné car il passe d'un cas particulier, le nôtre, avec deux évènements qui se sont réalisés, donc certains, à une conclusion statistique de portée générale - l'ensemble de la population, pour laquelle nous n'avons aucune information.


    >>> Citation :
      "Il (Boileau) eût fait main basse sur cette rhétorique triviale, qui consiste à noyer un tas de sophismes dans une mer de paroles oiseuses et de figures ridicules."
      Jean le Rond d' Alembert - 1717-1783 - Eloges, Despréaux

      "Il y a quelque chose de plus vil au monde que l'esclave d'un tyran, c'est la dupe d'un sophisme."
      Charles Nodier - 1780-1844 - Jean Sbogar, 1818

      "Sophisme, le mensonge de la logique."
      Victor Hugo - 1802-1885 - Philosophie prose

      "Une erreur est d'autant plus dangereuse qu'elle contient plus de vérité. Le sophisme est plus vrai que l'absurdité; aussi l'absurdité est-elle innocente et le sophisme redoutable."
      Henri Frédéric Amiel - 1821-1881 - Grains de mil, 1854

    >>> Définition : Sophisme

    >>> Sources


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